Malgré une affluence modérée, ce marché spécial aïd veut rapprocher producteurs, commerçants et consommateurs, dans un esprit de solidarité, à un moment clé du mois sacré. Mais aussi faciliter les citoyens.

 

La place de Badjanani, à Moroni, a accueilli un marché spécial Aïd el-fitr hier, mardi 17 mars, à l’initiative de l’association «Développons-nous», en collaboration avec la commune de Moroni et Comores Telecom. Il s’agit d’une action qui vise, selon les organisateurs, à «accompagner les citoyens dans une période souvent marquée par de fortes dépenses», à l’approche de la fête.La présidente de l’association, Hadidja Salim, rappelle que cette initiative s’inscrit dans la continuité des marchés organisés dès le début du mois de Ramadan. 


«À quelques jours de l’Aïd, nous avons jugé nécessaire de mettre en place ce marché pour faciliter la vie des citoyens. La fin du Ramadan est particulièrement difficile, une grande partie du budget est consacrée aux tenues et aux préparatifs de l’aïd, alors qu’il faut aussi continuer à se nourrir malgré la cherté des produits», a-t-elle expliqué. Une large gamme de produits Le marché proposait une large gamme de produits alimentaires et artisanaux à des prix jugés accessibles. Des stands de produits agricoles, notamment bananes, noix de coco, manioc ou encore carottes vendues à 2000 francs le kilo, côtoyaient ceux de piment à 500 francs le sachet, de manioc également à 500 francs, de bananes à 650 francs ou encore de patate douce à 750 francs. Malgré des étals bien garnis, l’affluence est restée modérée. La présidente explique que de 21h à 23h, l’espace est dédié aux spécialités culinaires locales et à l’artisanat. Sambusa, galettes, mkatre wa sinia, gudugudu, mais aussi nappes, plateaux et ustensiles de cuisine seront proposés. «Nous volons mettre en lumière des femmes entrepreneures souvent actives dans l’ombre. C’est l’occasion de découvrir ces talents et d’acheter directement sur place, sans passer par des commandes à domicile», a souligné la présidente. 


L’événement va également  permettre à de petits producteurs et à des acteurs du secteur informel à se faire connaître. «Nous accompagnons des agriculteurs qui viennent vendre ici, mais il y a aussi des femmes qui cuisinent très bien chez elles. Elles peuvent ainsi montrer leur savoir-faire aux côtés d’autres entreprises», a ajouté Hadidja Salim. Des stands de jus, d’eau et de décorations seront également présents. Selon elle, cette initiative a pu voir le jour grâce au soutien de la mairie de Moroni et de Comores Telecom, partenaires de l’événement. «L’année dernière, nous étions limités à un seul endroit, Place Ajao. Aujourd’hui, nous avons pu élargir grâce à cette collaboration. Nous espérons pérenniser ces marchés et en organiser régulièrement, pourquoi pas chaque mois», a-t-elle ambitionné. Du côté des commerçants, le constat est nuancé.

Anoir Hassane note une baisse relative de fréquentation comparée au début du Ramadan. «Les clients sont là, mais moins nombreux. Beaucoup se concentrent encore sur les tenues de l’Aïd. Mais, ils reviendront, car il faut bien se nourrir», a-t-il confié avec optimisme. Même observation chez certains clients, qui achètent en plus petites quantités. Toutefois, d’autres vendeurs se montrent satisfaits. C’est le cas de Maman Elie, de Ntsinimwapanga, qui se dit confiante. «Chaque fois que je viens, il y a des ventes. Même si les gens préparent l’aïd, ils doivent manger. J’ai bien vendu, surtout les bananes et les patates douces», s’est-elle enthousiasmée. Une maman a expliqué que, cette initiative répond à un besoin essentiel. «Les vêtements peuvent attendre, mais pas la nourriture. C’est une très bonne initiative», a-t-elle fait savoir.