Admis au concours du 15 septembre 2025, des avocats stagiaires accusent le Barreau de Mutsamudu de retarder leur prestation de serment, et dénoncent injustice et violation de la loi.

 

Les avocats stagiaires admis au concours du 15 septembre 2025, organisé par le barreau de Mutsamudu, sont inquiets. Ils craignent en effet que les responsables du barreau ne veuillent pas aller au bout du processus de leur intégration. C’est pour cette raison, pensent-ils, que ces derniers «bloquent» leur prestation de serment. Dans une déclaration commune communiquée hier mercredi à Al-watwan, ces avocats stagiaires,  réunis au sein de l’»Association des avocats stagiaires» admis audit concours, affirment être victimes d’une «injustice » qu’ils ne comprennent pas. Selon eux, toutes les formalités exigées après leur admission ont été accomplies. Pourtant, plusieurs mois plus tard, leur prestation de serment n’a toujours pas été organisée, ce qui a retardé ainsi leur entrée officielle dans la profession.Les intéressés rappellent avoir consenti d’importants sacrifices financiers. Les frais d’inscription et de formation s’élèveraient à 175 000 francs. certains ont pu s’en acquitter intégralement, d’autres «n’ont versé que la moitié en raison de difficultés économiques». Tous indiquent néanmoins avoir suivi trois mois de formation à l’hôtel Johanna Livingstone, avant même de prêter serment — une exigence qu’ils disent avoir acceptée «dans un esprit de responsabilité».


À l’issue de cette période, le barreau aurait imposé trois mois supplémentaires de formation, prolongeant davantage l’attente. «Nous en avons assez. Nous voulons que notre prestation de serment soit organisée sans délai et pouvoir effectuer nos deux années de stage conformément aux dispositions de la loi de 2008», déclarent-ils. Les stagiaires établissent une comparaison avec le barreau de Moroni. Dans la capitale, affirment-ils, les candidats admis auraient prêté serment dès la deuxième semaine suivant le concours, avant d’entamer immédiatement leurs deux années de stage en cabinet. «À Ndzuani, la procédure ne suit pas le même schéma. Ici, nous ne sommes pas traités de la même manière», regrettent-ils. Les contestataires pointent également du doigt un membre du bureau du barreau, qu’ils accusent de ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour organiser leur prestation de serment. Ils dénoncent en outre un traitement de faveur qui aurait été accordé à un huissier de justice inscrit au barreau, dont l’intégration aurait été imposée par ce même responsable. Selon eux, cette personne ne remplirait pas les conditions académiques requises, notamment en matière de niveau d’études.  

Autre sujet de discorde : l’appellation «élève-avocat» qui leur est attribuée. Les stagiaires soutiennent que cette dénomination ne figure pas dans la loi comorienne de 2008 régissant la profession d’avocat et estiment qu’elle porte atteinte à leur statut.Contacté, Maître Ahmed Maandhui, bâtonnier au barreau de Mutsamudu, reconnaît que la loi ne mentionne pas le terme d’«élève-avocat». Il défend toutefois la position de l’institution. «Tout a été clair depuis le début. Ils ont signé une convention dont l’objet premier est une formation. Même cette formation, en principe, elle doit être pour deux ans», a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : «Merci de demander à l’auteur de ce document sur quel tableau sont-ils inscrits et qu’il vous rappelle ce que dit ladite loi quant aux conditions pour être avocat.» Face à ce qu’ils considèrent comme un blocage injustifié, les avocats stagiaires réclament l’organisation immédiate de leur prestation de serment, qu’ils affirment inscrite au calendrier officiel pour ce mois de février. Ils sollicitent l’intervention du ministre de la Justice, du chef de l’État ainsi que des chefs de juridiction de Ndzuani, afin que la loi soit appliquée et que leur entrée dans la profession soit effective.