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Bureau géologique des Comores I La direction engage un plan de dégraissage décrié par le personnel

Bureau géologique des Comores I La direction engage un plan de dégraissage décrié par le personnel

Société | -   Nazir Nazi

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Après la prise de fonction du nouveau patron du Bgc, une partie du personnel de la boite a eu vent de son intention de congédier des agents d’ici peu. A ses yeux, c’est une décision vitale pour la société. Pour certains agents, il s’agit d’un tuyau de mesures "impopulaires". Le directeur, de son côté, se défend en justifiant ces licenciements annoncés par "l’inutilité" de certains agents recrutés en violation des cadres organiques de l’établissement.

 

Pour certains agents, il s’agit d’un tuyau de mesures «impopulaires» refilé à ces 79 employés qui pourrait avoir des répercussions au niveau de l’institution et qui risque d’y faire revivre la scène «cauchemardesque» suite à laquelle son successeur a été éjecté il y a quelques mois. Un agent du Bureau géologique des Comores (Bgc), qui décide de lancer la sonnette d’alarme tout en gardant l’anonymat, ne cesse de s’interroger si la société n’est pas sous l’emprise des pressions extérieures au point de penser à procéder ainsi.

«Cette institution, comptabilisant 79 employés, ne nécessite pas des licenciements pour la mettre sur le pinacle. Assainissement d’une boite est loin d’être synonyme de licenciement des employés. Il nous réunit sous l’optique d’annoncer la prise probable de décisions impopulaires», regrette-t-il.

Frais de surface

Pourtant, ces probables licenciements ne sont que la partie de l’iceberg. Depuis le mois de février, le personnel du bureau n’a touché aucun salaire. Des arriérés de salaires s’accumulent : une des raisons incitant, cette fois-ci, à plusieurs agents de ne pas pouvoir avaler leurs langues, en pointant du doigt «une gestion opaque de l’établissement». «On ne comprend pas sa politique de gestion.

Un redressement à l’avenant de plusieurs sociétés d’Etat où la culture de licenciement demeure la meilleure politique de gestion. Nous n’avons pas touché nos salaires depuis février», a-t-il râlé.A son tour, le patron de la Bgc, Youssouf Hamadi, a tout d’abord pointé du doigt le personnel pléthorique qu’il a hérité alors qu’il insiste sur le fait que le programme de recrutements conçu a prévu 120 agents pour une période de dix ans, soit la période 2014 à 2034.

Déficit de 176 millions

«Et le personnel est de 79 agents de 2014 à 2019. La subvention étatique au profit de cette boite est de 7,5 millions francs pendant que la masse salariale avoisine 14 à 15 millions de francs, sans le fonctionnement, les missions statutaires», a-t-il tenu à préciser. Youssouf Hamadi a en outre fait savoir que plus de 50% de ses agents n’ont pas le profil requis de travailler actuellement au Bureau géologique. «Ils ont bénéficié des formations de géographie, de l’Aes, de gestion ou de management : des profils dont le bureau n’en a pas besoin pour le moment», a-t-il détaillé.


Quant aux mois d’arriérés, le patron de la boite a indiqué qu’il a hérité de cinq mois d’impayés et qu’il en a pu payer trois. «Il me reste le salaire de février jusqu’à ce mois. Le Bgc recouvre habituellement des frais de surface auprès de deux sociétés pétrolières opérant dans notre pays. Le frais de surface se paie à 18 millions de francs par société et en une seule fois par an. Pourtant, elles ne versent pas dans les délais», a-t-il expliqué. A l’en croire, des frais de surface sont en attente depuis le mois de mars dernier et des tractations sont en cours.


Youssouf Hamadi a rappelé le déséquilibre des recettes et des dépenses provoquant un déficit annuel de 176 millions de francs. A l’entendre, lors du séminaire gouvernemental qui s’est déroulé au Golden Tulip, il a été demandé de faire un assainissement dans les sociétés d’Etat. Pour lui, c’est une démarche commune recommandée à toutes les boites.

«En plus, le ministre de la Fonction publique a publié un arrêté demandant la vérification des diplômes. Il se trouve que des agents de notre bureau ont falsifié des diplômes. Je ne fais qu’appliquer des mesures du gouvernement. Je ne fais qu’assainir l’établissement en licenciant ceux qui ne sont pas productifs. Mais, il n’est pas question de fermer la porte car je pourrai après recruter deux ou trois ingénieurs du domaine pour les besoins de la société», s’est-il exprimé.

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