Le Système des Nations unies aux Comores prépare son nouveau cadre de coopération 2027-2030, destiné à accompagner les priorités nationales de développement. Réunis avec la presse, les responsables onusiens ont présenté les grands axes centrés sur le capital humain, la jeunesse et la mobilisation des ressources.

 

Le Système des Nations Unies aux Comores a réuni, la semaine dernière à son siège, plusieurs journalistes de la presse nationale, pour un Café Média consacré à l’élaboration du prochain Cadre de Coopération pour le Développement Durable 2027-2030. Autour de la table, plusieurs représentants des différentes agences onusiennes présentes dans le pays, notamment l’Oms, le Pnud, l’Unfpa, la Fao, l’Unicef ainsi que le bureau du Coordonnateur Résident (Bcr). Objectif : présenter les grandes orientations du document qui guidera l’appui du système des Nations unies aux priorités nationales de développement. Élaboré en concertation avec le gouvernement comorien, ce cadre s’inscrit dans la continuité des travaux menés autour du Plan d’accélération des Comores émergentes (Pace) 2027-2030, ainsi que des consultations engagées avec les différents partenaires au développement.


Pour le coordonnateur résident des Nations Unies aux Comores, Tsok James Bot, l’ambition est claire : renforcer l’impact de l’action collective sur le terrain. «Le cadre de coopération 2027-2030 constituera la feuille de route commune de l’appui des Nations Unies aux priorités nationales de développement des Comores», a-t-il expliqué avant d’ajouter : «Nous voulons bâtir, avec le gouvernement et l’ensemble des partenaires, un cadre plus cohérent, plus ciblé et clairement orienté vers des résultats concrets pour les populations ». 

Enjeux de développement

Pour lui, le développement des infrastructures ne pourra produire ses effets que s’il s’accompagne d’un investissement massif dans le capital humain : 
«Quand on parle du capital humain, on parle des Comoriennes et des Comoriens», a-t-il insisté. Le responsable a notamment évoqué la nécessité de réduire les abandons scolaires, de lutter contre les Violences basées sur le genre (Vbg) et de mieux préparer les jeunes aux métiers dont le pays aura besoin demain, qu’il s’agisse du tourisme, des services, des transports, de l’énergie ou encore des nouvelles technologies. Selon lui, l’éducation, la formation professionnelle, l’insertion des jeunes et l’autonomisation des femmes devront constituer des axes prioritaires du prochain partenariat Onu–Comores.


Le responsable onusien a indiqué qu’au-delà de la présentation du futur cadre, les Nations unies veulent mettre l’accent sur le rôle des médias dans la vulgarisation des politiques publiques et des programmes de développement. Pour lui, les journalistes constituent un maillon essentiel entre les institutions et les populations. «Les médias et la presse ne sont pas de simples relais d’information. Ils sont des partenaires essentiels pour rendre les grands processus de développement plus accessibles, plus compréhensibles et plus proches des citoyens», a-t-il rappelé. « Osez informer, expliquer, questionner et relier les institutions aux populations : c’est ainsi que se construit un partenariat plus transparent, plus inclusif et plus responsable», a-t-il insisté.


Les échanges ont également permis d’aborder la question migratoire, devenue un sujet de préoccupation dans l’archipel. Interrogé sur les arrivées de migrants aux Comores, Tsok James Bot a tenu à rappeler que ce phénomène ne pouvait être traité à l’échelle d’un seul pays. Il a indiqué que plusieurs concertations étaient en cours entre les autorités comoriennes, les pays voisins et les partenaires internationaux, afin de lutter contre les réseaux criminels qui organisent les traversées clandestines. Il a aussi souligné la nécessité de renforcer le cadre juridique national en matière de migration et de protection des réfugiés, tout en saluant la solidarité dont font preuve les populations comoriennes envers les personnes en situation de détresse.

Financements

Si les priorités du futur cadre commencent à se dessiner, l’Onu reconnait toutefois que sa mise en œuvre dépendra forcément des ressources disponibles et que les prochaines étapes du processus consisteront à définir les indicateurs de suivi et les résultats attendus.  Mais pour le coordonnateur résident, la question du financement demeure centrale. «Pour moi, l’indicateur primordial reste la capacité à mobiliser les ressources nécessaires. Sans les financements pour investir dans les changements que nous voulons voir, cela restera de la théorie», a-t-il averti. Autant de leviers qui devront être activés pour donner corps aux ambitions affichées.


Le représentant de l’Unicef aux Comores, Mustapha Ben Messaoud, a évoqué la place de la jeunesse dans le futur cadre de coopération, en insistant sur la nécessité d’aborder cette problématique sous l’angle de la transformation économique. «Il ne s’agit pas seulement de créer des emplois. Il faut créer la prospérité», a-t-il déclaré. Toutefois, il a signalé qu’il est impossible de générer durablement des emplois sans une base économique solide. 


Selon lui, les Comores disposent de nombreux atouts encore insuffisamment valorisés, notamment dans l’agriculture, le tourisme, l’économie bleue et les ressources naturelles. Autant de secteurs capables de générer des emplois, à condition toutefois de bénéficier des investissements nécessaires.  «Ce pays est parmi les moins visités au monde alors qu’il possède un potentiel considérable. La question est de savoir comment transformer ces ressources en opportunités réelles pour les jeunes », a-t-il indiqué. Le représentant de l’Unicef estime également que les préoccupations de la jeunesse comorienne rejoignent celles observées dans plusieurs pays de la région. Dans ce contexte, il a appelé à une action plus volontariste afin d’éviter que le sentiment d’exclusion économique ne s’accentue. De son côté, le directeur général du Commissariat général au Plan (Cgp), Mmadi Housni a, de son côté, rappelé l’importance d’un alignement étroit du futur Cadre de coopération 2027-2030 avec les priorités nationales de développement et le Plan d’accélération des Comores émergentes.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence entre les interventions des partenaires techniques et financiers et les objectifs définis par l’État, afin d’éviter les doublons et d’améliorer l’efficacité globale des actions de développement. Il a également fait savoir que la coordination entre les différents acteurs comme les agences des Nations unies ou les ministères sectoriels et partenaires au développement reste un enjeu central pour garantir une mise en œuvre harmonisée des priorités nationales et une meilleure lisibilité des résultats sur le terrain. «La mobilisation des ressources et la coordination des actions demeurent essentielles pour atteindre les objectifs de développement fixés par le pays», a-t-il indiqué.