Les stations-services fournissent une quantité limitée de pétrole lampant aux pêcheurs. Ces derniers sont condamnés au chômage forcé. Mais une lueur d’espoir se profile suite à une rencontre entre le syndicat des pêcheurs et la direction régionale de la Sch qui a promis d’augmenter la dotation à partir de cette semaine.
Les activités de pêche sont au ralenti à Mwali à cause du rationnement limité du carburant dans l’île. La direction régionale de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch) fournit les produits pétroliers aux compte-gouttes dans l’ensemble des stations-services. Une situation qui complique les activités de pêche. Plusieurs pêcheurs ont du mal à travailler convenablement à défaut du pétrole lampant et de l’essence. Conséquences : les produits halieutiques se font rares et le peu qu’on trouve se vend à des prix exorbitants, contrairement aux directives fixées par la direction régionale du service des prix.
Hausse du prix des poissons et baisse des revenus des pêcheurs
Les pêcheurs ont besoin de brûler une quantité importante de carburant pour pouvoir toucher la haute mer. «Pour capturer des thons ou des bonites, on consomme entre 80 et 90 litres de carburant. Or, partout dans les stations-services, chaque personne ne bénéficie que de 20 litres de pétrole, soit le 1/4 de nos besoins. À ce rythme, aucun pêcheur n’osera s’aventurer plus loin dans l’océan pour éviter de mettra sa vie en danger », a expliqué Mdéré, un pêcheur de Djwaezi, croisé à la plage en train de préparer ses outils de pêche.
À la plage de Fomboni, plus de 100 vedettes sont immobilisées depuis plusieurs jours faute de carburant. Même constat à Djwaezi, l’une des localités où il y’a une forte communauté des pêcheurs. Là-bas, près d’une quarantaine d’embarcations n’étaient pas parties à la mer depuis plusieurs jours pour la même cause. « Cette année, beaucoup des pêcheurs auront des difficultés pour acheter des articles pour l’Aïd de leurs enfants », regrette Mderé.
Le pêcheur précise que sa sortie en mer, une fois avoir obtenu quelques litres, se limite à un souci de subvenir aux besoins de sa famille. «Aujourd’hui, j’ai eu de la chance, car j’ai obtenu 8 litres de pétrole lampant. Mon collègue qui va m’accompagner lui aussi a bénéficié de 10 litres. On ne va pas aller plus loin. Comme la mer est bonne on va juste chercher de quoi nourrir nos familles pour quelques jours. Mais en réalité, cela fait un bail que je ne suis pas allé en mer », a ajouté le pêcheur.
Jugé «normal» par la Société comorienne des hydrocarbures (Sch), le dispositif de rationnement limité des produits pétroliers mis en place est pointé du doigt par les consommateurs. Des files d’attente se forment partout. Contacté, le directeur régional de la Sch au niveau de Mwali dit vouloir approvisionner équitablement les consommateurs en attendant l’arrivée d’un nouveau stock.
Au sujet des activités de pêche compromises par le rationnement limité, Afretane Yssoufa a convié le syndicat des pêcheurs de l’île pour échanger sur le sujet. L’objectif de la rencontre était de trouver une solution pour assurer la continuité des activités de pêche. A Mwali, on assiste à une hausse du prix des poissons et une baisse des revenus des pêcheurs. «Lors de cette échange, le directeur nous a promis qu’au cours de la semaine du 16 au 22 mars, il nous donnera une dotation assez suffisante, uniquement pour nous, afin qu’on puisse partager entre nous pour assurer nos activités. Je salue cette initiative car tout le monde sera gagnant», a réagi Nabhane Madi, pêcheur de la localité de Hamavuna qui a avoué être fatigué « d’acheter un jerricane de 20 litres de pétrole lampant à 10.000 francs ou plus tous les deux jours».




