Le navire Falky Ndjema a accosté au port de Mbwangoma au début de la semaine dernière avec une quantité de produits pétroliers pour atténuer la crise énergétique qui sévit dans l’île. Si le rationnement permet de tourner la page de plusieurs semaines de panne sèche, la stabilisation de la situation reste toutefois volatile à Mwali.
En faisant le tour, nombreux sont ceux qui affirment que la distribution reste strictement rationnée dans les stations-service de l’île du lundi 2 mars, jour exact de l’arrivé du carburant, au dimanche 08 mars. Les motos ne peuvent s’approvisionner qu’à hauteur de quatre ou cinq litres, au maximum, tandis que les véhicules bénéficient d’un quota légèrement supérieur, soit de 10 à 20 litres dans certains endroits à l’exception des véhicules de quelques autorités.
Des quotas pour les motos et les véhicules
Face à cette situation, de nombreux automobilistes font la queue tous les jours devant ces points de vente pour pouvoir se procurer de quelques litres. Et cela se fait parfois dans des conditions difficiles caractérisées par la forte chaleur. « Pour avoir de l’essence, il faut se pointer de bonne heure à la station pour occuper les premiers rangs et patienter jusqu’à 12h pour recevoir quelques litres en cas de distribution puisque ce n’est pas tous les jours qu’on vend de l’essence.
Dans le cas contraire, on rentre avec le réservoir vide, vu que la quantité livrée par la société comorienne des hydrocarbures (Sch) est largement inférieure aux besoins croissants de la population », a souligné Nakib Ali Said, greffier au palais de justice de Fomboni, croisé à la station-service Nafassi, avec sa moto à la recherche de carburant.
Pour sa part, un autre conducteur dénommé « Fédéral », estime impossible de faire des stocks pour anticiper une énième pénurie. « Partout dans le pays, les gens craignent une possible crise énergétique suite à la guerre du Moyen-Orient. Bien que les autorités nationales rassurent la population en évoquant une stabilité des approvisionnements. On ne peut pas parler de stockage quand on reçoit 2 litres d’essence », a commenté ce natif de Mbatse.
Pour rappel, depuis le 18 février, le carburant était quasiment introuvable sur l’île. Face à cette rareté, de nombreux automobilistes se sont tournés vers le marché noir où le litre se vendait à 1 000 francs sans aucune négociation. Si l’arrivée du carburant suscite un certain soulagement, les restrictions en vigueur entrainent les files d’attente devant les stations-services. Le prochain pétrolier est attendu « le 13 mars », selon des sources de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch).



