Face à une grève des commerçants de plus en plus suivie contre la hausse des prix des carburants, le patronat et l’Uccia alertent sur une crise économique majeure et réclament des mesures urgentes pour soulager les entreprises et les ménages.
La pression monte autour de la hausse des prix des carburants. Alors que la grève des commerçants, déclenchée dimanche par le Syndicat national des commerçants (Synaco), a été largement suivie hier mardi à Moroni, les principales organisations patronales et économiques du pays multiplient les alertes contre les conséquences d’une crise qui menace désormais l’ensemble de l’économie nationale.Après une première journée marquée par une mobilisation inégale, notamment à cause de l’ouverture des deux grands marchés de la capitale, le mouvement a pris de l’ampleur mardi.
À Volo-volo, les étals étaient désertés et les vendeurs ambulants absents, une situation qui a fortement contrasté avec l’animation observée la veille. La quasi-totalité des boutiques de Moroni avaient baissé leurs rideaux, à l’exception de quelques enseignes comme Sara Market et certains magasins de New Bazar.
Si le bureau du Synaco est resté silencieux après ses rencontres avec les autorités, la chambre de commerce, elle, a décidé de sortir du silence.
Réunis mardi, l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat des Comores (Uccia), des organisations de la société civile et plusieurs acteurs économiques ont reconnu que la récente flambée des prix des produits pétroliers est devenue « insoutenable » pour les entreprises comme pour les ménages.
Dans une déclaration commune, ces organisations alertent sur « une flambée inflationniste » susceptible de précipiter le pays dans « une crise économique et sociale grave ». Tout en reconnaissant les mesures d’accompagnement déjà annoncées par le gouvernement, elles estiment que celles-ci restent largement insuffisantes pour amortir le choc.
Un élargissement des mécanismes de financement
Les signataires réclament ainsi des mesures urgentes, notamment une baisse du prix du carburant à un niveau « supportable pour l’économie nationale », avec une attention particulière portée au gasoil, considéré comme le produit le plus stratégique et le plus touché par les augmentations.Le Conseil du patronat comorien (Copac) a également réagi à travers un communiqué rendu public lundi. L’organisation patronale reconnaît que la décision gouvernementale était « prévisible » dans un contexte international tendu, marqué par les tensions au Moyen-Orient et la hausse des coûts du fret maritime. Mais elle estime que cette mesure aura des conséquences durables sur le tissu économique national.
« Les coûts d’exploitation vont mécaniquement augmenter dans tous les secteurs sans exception », avertit le Copac, qui évoque par ailleurs une fragilisation des petites et moyennes entreprises, déjà confrontées à des difficultés de trésorerie.
Le patronat appelle ainsi à un renforcement des dispositifs d’accompagnement, notamment en prolongeant de trois à six mois l’abattement fiscal de 40 % accordé aux opérateurs économiques. Il plaide également pour un élargissement des mécanismes de financement et de garantie afin de soutenir davantage les entreprises.
Cette montée au créneau du patronat et de l’Uccia intervient alors que le mouvement des commerçants continue de paralyser une partie des activités dans la capitale. Le Synaco avait déjà dénoncé, le 7 mai dernier, le non-respect par le gouvernement des engagements pris lors d’un précédent accord conclu en octobre pour mettre fin à une autre grève ayant fortement perturbé Moroni.



