La Société de concassage Comores-Chine (Sccc) a organisé lundi 16 mars, un point de presse pour présenter ses activités, les actions entreprises ainsi que ses réalisations les plus marquantes. Cette rencontre a également été l’occasion d’aborder un sujet d’actualité auquel l’entreprise est confrontée, notamment une plainte déposée par le dirigeant de la société Cbe contre le Pdg de la Sccc.
Devant les médias, le directeur exécutif de la Sccc, Said Ikbal Naftaly, a expliqué que la société connaît actuellement «une transformation significative', marquée par "des investissements importants et plusieurs actions concrètes en faveur des employés et des populations environnantes». Selon lui, cette dynamique s’est renforcée depuis l’arrivée à la tête de l’entreprise de Yu Bo, un investisseur chinois. «La direction a engagé plusieurs initiatives visant à moderniser les infrastructures du site et à améliorer les conditions de travail», a déclaré Said Ikbal Naftaly.
Parmi les réalisations notables évoquées figurent «la construction d’une cantine et d’une mosquée destinées aux employés», contribuant ainsi à leur bien-être au quotidien. Un poste de sécurité a également été installé à l’entrée du site pour «renforcer le contrôle et la sûreté des installations». À cela s’ajoutent «la construction d’un grand hangar destiné à abriter les machines et la mise à disposition d’un magasin de stockage pour la conservation du matériel et des produits. Une clôture a par ailleurs été mise en place afin de sécuriser la zone industrielle».Sur le plan des ressources humaines, la société a également renforcé ses effectifs. Selon le directeur exécutif, «cinquante nouveaux employés» ont été recrutés, portant l’effectif total «à plus de cent travailleurs et augmentant ainsi la capacité opérationnelle de l’entreprise».
Quinze femmes venant des villages environnants, ont également été embauchées pour assurer les activités de nettoyage et d’entretien contribuant à l’amélioration du cadre de vie local.Dans cette dynamique citoyenne, la direction a lancé deux grandes opérations d’assainissement dans la capitale, mobilisant une centaine d’employés spécialement recrutés pour l’occasion. «Ces travailleurs ont bénéficié de conditions de travail améliorées, incluant des repas quotidiens ainsi qu’une rémunération journalière de 5 000 francs comoriens durant toute la durée de l’opération», a-t-on annoncé.
Une plainte de CBE
Par ailleurs, la Sccc affirme avoir renforcé son engagement envers les communautés locales à travers l’augmentation des redevances versées aux villages voisins, passant de 1 100 000 à 1 500 000 francs comoriens par village. L’entreprise a également apporté son soutien au secteur éducatif en réalisant des dons à l’école de Vunambadani et à plusieurs établissements d’Usipvo. «Sur le plan administratif et fiscal, la société est en conformité avec ses obligations, notamment vis-à-vis de la Caisse nationale de solidarité et de prévoyance sociale, qui lui a adressé un message de satisfaction», s’est félicité le directeur exécutif.Cependant, la société fait face depuis quelques semaines à une affaire qui l’oppose à Mahamoud Ali Mohamed, propriétaire de l'entreprise Cbe (Concassage. Bétonnage et enrobage), qui exploite également une carrière dans la même zone.
Dans une plainte déposée auprès du parquet de la République, ce dernier accuse Yu Bo «d’avoir procédé à des explosions de mines de manière illégale». La plainte comporte trois chefs d’accusation : «mise en danger délibérée d’autrui, détention et usage illégaux de substances explosives, ainsi que complicité par abstention et abandon de responsabilité sécuritaire». Face à ces accusations, Mohamed Abderemane Hilali, avocat de la Sccc, a indiqué que sa cliente est prête à répondre à toute convocation des autorités compétentes. Toutefois, il précise que «la société n’a pas encore été officiellement informée de cet incident et nie catégoriquement toute implication».
L’avocat a également rappelé que "l’utilisation de substances explosives dans les carrières" est strictement encadrée par l’État. «Toute utilisation d’explosifs nécessite une autorisation préalable auprès de l’État-major et du Bureau géologique des Comores (Bcg). Une fois les explosifs obtenus, ils ne peuvent pas être conservés au sein de la société, car ils sont considérés comme des armes. Ils doivent être gardés au niveau de l’État-major. Lorsqu’une entreprise souhaite procéder à une opération d’explosion, elle doit en faire la demande en précisant la quantité nécessaire», a-t-il expliqué.




