Une centrale solaire de 3,10 MWh et d’un système de stockage par batteries d’une capacité de 4,073 MWh pourront garantir l’approvisionnement durable du courant dans les foyers et mettre fin à la série noire des délestages vécus ces derniers mois dans l’île.
Un premier essai à la centrale photovoltaïque de Mbangani a eu lieu samedi 15 août. Une opération qui a permis d’alimenter toute l’île de Mwali grâce à cette énergie solaire. Ce premier essai a été observé avec une grande consolation pendant l’après-midi avant un basculement vers la centrale thermique de Wemani. Il s’agit, pour les usagers, « d’une grande première » à Mwali. L’île dépend en effet du gasoil acheminé par bateau pour pouvoir disposer du courant électrique.
Les difficultés d’approvisionnement ont d’ailleurs entrainé, ces derniers mois, d’incessants délestages dans de nombreuses régions de l’île. «Il s’agit d’un grand pas. C’est un grand avantage pour nous qui sommes totalement dépendants du gasoil, avec une capacité de stockage très limitée », a souligné le directeur régional de la Sonelec, Mohamed Nassurdine Youssouf, avant de faire part « d’un soulagement pour la société » et une opportunité pour l’entreprise de réduire drastiquement ses coûts d’exploitation. «A ce jour, on ne peut pas estimer la quantité de gasoil qui sera économisée», a-t-il souligné.
La centrale de Mbangani dispose d’une puissance solaire installée de de 3,10 MWc et d’un système de stockage par batteries d’une capacité de 4,073 MWh. L’objectif est, à en croire, ce dirigeant de la Sonelec, de réduire progressivement la consommation de gasoil, les coûts liés à la production thermique et de renforcer la sécurité énergétique. Ces essais doivent également permettre de tester la capacité de la centrale et des batteries à maintenir la tension et la fréquence du réseau, à répondre aux variations de la demande et à assurer la stabilité du système. Pour autant, la Sonelec prévient dans un communiqué publié vendredi 14 août que des perturbations ponctuelles peuvent encore survenir durant cette phase d’expérimentation. Elles pourraient être liées, selon la société, aux réglages, aux essais de protection ou aux transitions entre les productions solaire et thermique.
Une alimentation stable dans les foyers
À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun changement n’a toutefois été ressenti dans les ménages. L’alimentation reste stable dans les foyers de Mwali. «On se dirige vers l’émergence», a jubilé Mohamed Nassurdine Youssouf, qui voit le déploiement progressif de cette énergie solaire centrale « une étape importante pour Mwali », encore fortement dépendante du gasoil pour produire son électricité. Financé par la Banque mondiale, le projet a été développé par Global South Utilities, avec Uvec et Ecosys comme consultants. Cette nouvelle phase d’essai doit permettre à la centrale solaire, associée à son système de stockage par batteries, d’alimenter et de stabiliser le réseau pendant la journée, sans recours simultané à la centrale thermique.


