A la création du Cnaem en 2023 et la mise en service début avril 2026, la directrice générale de cette institution, Nabsoiti Soulaimana, a accordé un entretien exclusif à Al-watwan pour expliquer les principales missions de ce centre. A l’occasion, elle mentionnera les administrations avec lesquelles le centre doit travailler, les défis qui l’attendent, les difficultés auxquelles le centre va faire face, entre autres.

 

Le Centre national pour l’action de l’État en mer est encore peu connu du grand public. Pouvez-vous nous parler de ses missions principales ? Qu’est-ce qui a motivé sa création?


D’abord le Cnaem renvoie à tout ce que l’Etat gère en mer. Il a deux missions principales. Une mission de service public et une mission de défense. La première est assurée par ce centre en coordination tandis que la seconde, en participation, est assurée par les forces de la Garde-côte comorienne. Le centre coordonne les opérations de recherche et de sauvetage en mer, les opérations antipollution marines. Il fait la diffusion des renseignements maritimes et participe à la lutte contre les activités illicites en mer notamment la pêche illicite, le trafic de stupéfiant, la migration clandestine et autre. Par rapport à sa création, l’idée remonte aux années 2000, au niveau de la région Afrique orientale et australe, et  l’Océan indien. Le centre est créé pour lutter contre les pirateries maritimes avec le code de conduite de Djibouti. Puis, il y a eu la signature de plusieurs accords maritimes de 2010 à 2018 conduisant à la mise en place de deux grands centres régionaux (Cfim et Crco). Ensuite, de 2008 à 2023, il y a eu la signature et la mise en place des centres nationaux dans les pays de la région pour travailler en coordination avec les centres régionaux par officier de liaison.

Ce centre est appelé à travailler avec plusieurs administrations. Comment s’organise concrètement la coordination entre la garde-côtes, la douane, les affaires maritimes, de la pêche et les autres services concernés ?

La coordination se mesure sur le fait que chaque organe impliqué dans la circulation maritime a un représentant  au centre, soit un officier de liaison. Le centre collecte, fusionne et analyse les informations pour transmettre aux administrations concernées. Et l’officier de liaison au sein du centre partage l’information à son institution et cela leur permet d’entamer la réponse opérationnelle.
 
Les Comores sont confrontées à plusieurs défis tels que l’immigration clandestine, les trafics illicites et la pêche illégale. Quels résultats le Cnaem a-t-il obtenus jusqu’à présent dans ces domaines?
Le centre est en phase d’opérationnalisation. Il n’y a pas encore de résultat concret. Par contre, les principes actuellement engagés sont de de bien équiper le centre avec de moyens logistiques et numériques très efficaces, lesquels permettront d’obtenir des résultats concrets dans la lutte contre ces fléaux.

Disposez-vous aujourd’hui des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour assurer efficacement vos missions sur l’ensemble de l’espace maritime comorien?

Même les pays déjà en avance n’ont pas encore tous les moyens nécessaires. Seulement, nous avons les moyens basiques pour un début. Le centre national a actuellement six plateformes de surveillance avec un minimum de trois radios Vhf (Très Haute Fréquence) ; pour ne citer que cela.

Plusieurs partenaires internationaux accompagnent cette institution. Quelle est la nature de cette coopération et quels bénéfices concrets en tire le pays?

La coopération concerna la politique de sécurité maritime international. En premier lieu, les partenaires attendaient la volonté politique de mettre en place le centre national pour effectuer le suivi concernant l’équipement du centre. En second lieu, les partenaires s’attèlent à répondre à la demande d’appui du Cnaem après manifestation d’intérêt en moyen de surveillance et de communication. Et en retour, le pays se renforce en matière de sécurité maritime et contribue à l’économie bleue en multipliant ses recettes économiques à travers les ressources halieutiques, le transport, plus le tourisme maritime et l’interception des bateaux trafiquants ou clandestins pour faire court.