Il s’agit de la prévision basée sur l’impact. L’objectif est, selon les organisateurs, de renforcer la co-production des services météorologiques et climatiques afin de rendre les systèmes d’alerte précoce plus efficaces et plus inclusifs aux Comores.
L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm) a ouvert, hier lundi 13 juillet à l’hôtel Retaj, « un atelier de co-production consacré à la prévision basée sur l’impact (Impact-based forecasting - Ibf)». Organisée dans le cadre du programme «Wiser Africa », cette rencontre de trois jours réunit les principaux acteurs nationaux engagés dans les services de climatologie, la gestion des risques et des catastrophes, ainsi que les représentants des collectivités locales et des groupes vulnérables. L’objectif est, selon les organisateurs, de renforcer la co-production des services météorologiques et climatiques afin de «rendre les systèmes d’alerte précoce plus efficaces et plus inclusifs aux Comores».
L’Ibf est une évolution des systèmes d’alerte classiques en intégrant l’approche Gedsi. Au-delà de l’annonce d’un phénomène météorologique, cette approche vise à anticiper ses conséquences probables sur les populations, les infrastructures, les activités économiques et les moyens de subsistance. Elle fournit aux décideurs des informations leur permettant d’engager des actions préventives adaptées et de limiter les pertes humaines et matérielles.
Pendant trois jours, du 13 au 15 juillet, experts, institutions publiques, partenaires techniques, services de protection civile, médias et représentants des communautés échangent autour des stratégies visant à renforcer les systèmes d’alerte précoce, pour mieux anticiper les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes. Les travaux portent notamment sur les principes de l’Ibf, l’intégration de l’approche Gedsi dans les mécanismes d’alerte, l’identification des besoins des différents secteurs ainsi que le renforcement de la coordination entre producteurs et utilisateurs des informations météorologiques et climatiques.
Pour Ahmed Youssouf Abdou, ancien responsable de l’Anacm, actuellement député de Moroni sud et membre de la commission parlementaire chargée notamment du climat, de l’environnement et de l’aménagement du territoire, cette approche répond à une nécessité vitale pour les Comores. «Notre pays est souvent exposé à de multiples risques de catastrophes naturelles, qu’elles soient maritimes, terrestres ou météorologiques. C’est pourquoi l’Ibf est aujourd’hui indispensable», a-t-il expliqué avant de poursuivre que ce nouveau système « doit permettre aux décideurs d’anticiper les conséquences d’un événement, d’évaluer les dégâts potentiels et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations, voire prévenir certaines catastrophes». Pour lui, cet outil constitue un levier essentiel pour améliorer la prise de décision en situation d’urgence et renforcer la résilience du pays face aux aléas climatiques.
Renforcer la résilience du pays
Intervenant au nom de l’Association des maires, la vice-présidente de l’organisation, Mina Ali Hadji, a rappelé que les collectivités locales occupent une place centrale dans la prévention des catastrophes. «Les communes sont en première ligne face aux catastrophes naturelles. Cet atelier va nous permettre de mieux comprendre les risques auxquels nos localités sont confrontées, notamment les inondations et les débordements des rivières pendant la saison des pluies», a-t-elle expliqué. La vice-présidente de l’organisation ajoutera que « cette sensibilisation est essentielle pour que les maires puissent mieux protéger leurs populations et relayer efficacement les alertes». Enfin, elle a plaidé pour un renforcement des capacités des communes pour que les maires puissent mieux protéger les citoyens. À travers cet atelier, l’Anacm entend consolider la collaboration entre les services météorologiques, les institutions publiques, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile et utilisateurs des informations climatiques. L’ambition est de développer des services météorologiques davantage tournés vers les besoins des populations afin de renforcer la résilience des Comores faces aux risques climatiques.




