Un dialogue national consacré au leadership climatique des femmes en situation de handicap a réuni acteurs institutionnels et associatifs. Les participantes ont plaidé pour leur inclusion dans les politiques d’adaptation face aux défis environnementaux.

 

Les femmes en situation de handicap doivent pleinement participer aux réponses face aux changements climatiques. C’est le message porté lors “du dialogue national” sur le leadership climatique des femmes en situation de handicap, organisé le 28 juillet dans un hôtel de la place sous l’égide de la ministre de la Promotion du genre, Fatima Ahamada. Cette rencontre a mis à l’honneur l’organisation “Handi-Femmes Comores”, une Ong créée en 2018 et redynamisée ces derniers mois grâce notamment à l’implication de la députée Charifa Abdallah et de Fatouma Abdallah, ancienne directrice générale de l’environnement aujourd’hui à la retraite. 


Faith Gikunda, représentante kényane de l’Iccasa (Inclusive climate change adaptation for a sustainable Africa), a également participé aux échanges en qualité de panéliste.
Plusieurs témoignages ont marqué cette journée. La présidente de Handi-Femmes, Faizat Ali, a notamment évoqué les discriminations vécues durant son enfance en raison de son pied bot, qui l’avaient conduite à quitter l’école en classe de Cm2. 

Une approche inclusive

De son côté, la ministre des Transports, Yasmine Alfeine, devenue handicapée à la suite d’un accident de voiture à l’âge de 5 ans, a partagé son parcours de résilience. «Cet événement ne m’a pas empêchée de faire des études, d’avoir mon entreprise et d’occuper la fonction qui est la mienne aujourd’hui. Il m’arrive même d’assurer la suppléance du chef de l’Etat, Azali Assoumani quand il est en voyage à l’étranger», a-t-elle relaté. L’ancienne femme d’affaires a également insisté sur son autonomie.«Je suis indépendante financièrement», a-t-elle affirmé, tout en réitérant sa «disponibilité à apporter son aide à Handi-Femmes». Au centre des discussions figurait également l’impact du changement climatique sur les populations vulnérables. 
La ministre de la Promotion du genre a rappelé les conséquences déjà visibles dans le pays.

«Les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir dans notre pays : érosion côtière, inondations (…), insécurité alimentaire et pressions croissantes sur les populations les plus vulnérables», a soutenu Fatima Ahamada. Elle a aussi rappelé  la situation particulière des femmes vivant avec un handicap. «Les femmes en situation de handicap sont confrontées à une double, voire une triple vulnérabilité. Pourtant, elles ne doivent plus être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques publiques. Elles sont des actrices du changement, porteuses de solutions, d’expériences, de savoir-faire et d’innovations indispensables à la construction de communautés plus résilientes», a-t-elle lancé.


Elle a enfin insisté sur la nécessité d’une approche inclusive dans les politiques climatiques. «Le dialogue qui nous unit aujourd’hui constitue une étape importante. Nous sommes convaincus que les politiques climatiques ne seront véritablement efficaces que si elles sont élaborées avec la participation active de toutes les composantes de la société», a fait valoir l’ancienne journaliste.