À Mwali, la cocoteraie hybride de Ndrondroni, mise en place au début des années 2000, est aujourd’hui menacée de disparition. Entre vieillissement, maladies et abattage, les acteurs agricoles tentent de relancer la plantation de nouvelles générations de cocotiers.

 

Dans la zone agricole de Ndrondroni, au sud de Mwali, la bataille pour préserver la cocoteraie hybride est engagée. Créé dans le cadre d’un projet national destiné à diversifier et relancer la filière coco aux Comores, le verger semencier avait été implanté au début des années 2000 par le Centre d’enseignement, de formation et d’appui au développement rural (Cefader).
À l’époque, plus de 50 000 cocotiers hybrides avaient été plantés sur quatre parcelles. L’objectif était de produire des semences adaptées aux conditions climatiques de l’île et de contribuer au renouvellement de la cocoteraie comorienne.


Mais plus de vingt ans après, le paysage a fortement changé. Lors d’un passage effectué dimanche 16 août dans cette zone agricole, le constat est préoccupant. L’une des quatre parcelles a complètement disparu. Dans les espaces qui subsistent, de nombreux cocotiers présentent des signes de vieillissement et de faiblesse et offrent désormais de faibles rendements.Cette situation n’est pas sans conséquence pour l’économie locale. Les noix issues des cocotiers hybrides sont particulièrement recherchées pour la consommation et lors de certaines activités traditionnelles, notamment les grands mariages.


Pour les habitants, la dégradation est progressive. «Au début, on croyait juste à un phénomène passager. Mais au fil du temps, on assiste à une dégradation continue des plantes, puisque nombreuses d’entre elles ont des feuilles jaunâtres», témoigne un habitant de Ndrondroni.
Selon le délégué chargé de l’Agriculture de Mwali, Mouhidine Boura Bacar, plusieurs facteurs expliquent cette situation. «La plupart de ces arbres sont attaqués par des parasites ou encore des maladies phytosanitaires qui les affaiblissent au fur et à mesure», explique-t-il.
Les activités humaines aggravent également le phénomène. Certains cocotiers sont abattus pour fournir du bois destiné à la construction. «Cette plante aux vertus multiples est également abattue pour faire des planches, des chevrons… pour la construction des maisons », déplore le responsable. Il indique aussi que certains arbres tombent sans qu’aucun phénomène météorologique, notamment les vents, ne puisse l’expliquer.


Face à cette menace, la délégation de l’Agriculture, en collaboration avec le Centre rural de développement économique (Crde) de Mledjele, a engagé une opération de renouvellement. Le principe consiste à remplacer progressivement les cocotiers en voie de disparition par de nouvelles plantations.Une zone a ainsi été aménagée pour accueillir plusieurs centaines de plants. «La semaine dernière, nous avons collecté deux camions de noix de coco afin d’intensifier les pépinières. Mais parallèlement à cela, nous avons déjà planté 100 cocotiers hybrides dans cet espace », précise Mouhidine Boura Bacar.Une campagne de sensibilisation devrait également accompagner cette opération afin d’inciter les habitants à protéger les cocotiers encore productifs. Pour les acteurs agricoles, l’enjeu est désormais de préserver le patrimoine existant tout en préparant une nouvelle génération capable d’assurer l’avenir de la filière coco à Mwali.