La Commission de l’Océan indien (Coi) et l’Union européenne (Ue) entendent consolider leur partenariat autour des grands enjeux régionaux. Réunies le 20 octobre au siège de la Coi, à Ébène, les deux organisations ont tenu leur dialogue stratégique annuel. Cette rencontre destinée à renforcer leur coopération politique et à définir des actions communes au bénéfice des États membres et de leurs populations.


Le Secrétaire général de la Coi, Dr Ibrahim Norbert Richard, a accueilli, à l’occasion, une délégation européenne conduite par l’ambassadeur de l’Union européenne à Maurice, Oskar Benedikt. Celle-ci comprenait dix ambassadeurs et représentants des États membres de l’Ue en poste dans la région. «Ce dialogue constitue un cadre d’échange privilégié entre les deux organisations. Il permet d’examiner les sujets d’intérêt commun, de rapprocher les positions et de traduire les orientations politiques en projets concrets», a indiqué les services de communication de la Coi.


Pour l’organisation régionale, cette rencontre est également l’occasion de porter auprès de l’Union européenne les préoccupations et les priorités régionales, notamment sur les dossiers avec lesquels une approche collective offre davantage de résultats contrairement aux initiatives menées séparément par chaque pays. «Les discussions s’inscrivent dans la perspective de la prochaine période de programmation de l’action extérieure de l’Ue, prévue à partir de 2028.

Elles tiennent également compte de la mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (Ape) approfondi récemment et conclu entre l’Union européenne et quatre États membres de la Coi, à savoir les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles», a-t-on souligné. Pour la Coi, la configuration particulière de l’organisation régionale renforce la dimension stratégique de ce partenariat.

«Les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles relèvent de l’Accord de Samoa, conclu entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp), tandis que La Réunion bénéficie du statut de région ultrapériphérique de l’Ue. L’espace Coi constitue ainsi un trait d’union entre l’Afrique et l’Europe», a-t-on précisé. 

Plus de 300 millions d’euros mobilisés en 4 ans

A noter que, le partenariat entre la Coi et l’Union européenne s’inscrit dans la durée. D’après la Coi, depuis quarante ans, l’Ue accompagne l’organisation régionale à travers une quarantaine de projets répartis dans dix secteurs, pour un budget total de plus de 300 millions d’euros. «Cette coopération a notamment contribué au développement d’initiatives régionales en matière de sécurité maritime et de surveillance des pêches», a-t-on fait savoir. L’Architecture régionale de sécurité maritime (Arsm) et le Programme régional de surveillance des pêches (Prsp) figurent parmi les dispositifs présentés comme des références pour d’autres régions.

«Leur portée dépasse aujourd’hui le cadre des seuls États membres de la Coi, avec l’intégration de pays de la côte est de l’Afrique. Ces mécanismes illustrent l’intérêt d’une coopération régionale face à des enjeux qui dépassent les frontières nationales», a-t-on souligné. La coopération entre la Coi et l’Ue couvre plusieurs domaines essentiels au développement et à la stabilité de l’espace indianocéanique. Elle concerne notamment la sécurité maritime, la pêche, l’action climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles. 


Elle accompagne également l’entrepreneuriat, la sécurité alimentaire ainsi que l’appui institutionnel. «Ces secteurs répondent à des défis majeurs pour les États insulaires de la région, confrontés à la nécessité de protéger leurs espaces maritimes, de renforcer la résilience de leurs économies et de mieux faire face aux effets du changement climatique», a-t-on précisé dans le communiqué de presse de la Coi.