Entre effervescence, solidarité et sourires échangés, le Marché Ramadan a offert bien plus que des produits à prix réduits : un moment de communion et d’espoir partagé.
Dès les premières heures du matin, une foule dense s’est formée ce jeudi 19 février au quartier Mtsangani à Moroni. Des mères de familles, des pères, des personnes âgées et des jeunes, étaient tous au rendez-vous pour le lancement du «Marché Ramadan», organisé par l’association développons nous (Adn), en partenariat avec la commune de Moroni avec l’appui de l’Agence française de développement (Afd).
A peine 8 heures, et les stands se vidaient déjà. On se bousculait gentiment, tendait des billets en demandant : «5 kilos de bananes, s’il vous plaît !» Et les sacs se remplissaient rapidement de maniocs, patates douces, tomates, fruits à pain, citrons. Des produits simples, mais essentiels pour «les tables du Ramadhwani».
Dans une ambiance à la fois solennelle et chaleureuse, le maire de Moroni, Omar Mohamed, a dit être fier de cette initiative « qui est pleinement dans l’esprit du mois sacré à savoir la solidarité, le partage et le soutien aux plus vulnérables ». Pour lui, l’objectif est de permettre aux habitants d’accéder à des produits de première nécessité, à des prix abordables et alléger les charges des familles. Le maire a également remercié le président Azali Assoumani pour son engagement en faveur de la population durant ce mois. « Que ces marchés soient des espaces de solidarité, de prospérité, d’équité et de fraternité », a-t-il souhaité, adressant ses vœux de Ramadan à tous.
Des chiffres, mais surtout des visages
La présidente de l’association développons-nous, Hadidja Salim, a exprimé son attachement aux agriculteurs. «Je vis avec eux leurs difficultés. Je connais leurs efforts. C’est toujours une joie de venir partager ces moments avec les citoyens», a-t-elle confié, saluant tous ceux qui ont contribué à la réussite du projet. L’ambassadeur de France aux Comores, Etienne Chapon, a rappelé que ce marché est le fruit d’un long travail de terrain mené depuis octobre 2024, avec l’accompagnement technique et financier de la coopération française. Selon lui, il y a eu «758 agriculteurs sensibilisés dans 24 villages, 50 bénéficiaires formés et équipés, 40 exploitations suivies de près sur leurs parcelles, 10 jeunes accompagnés et 9 marchés solidaires déjà organisés. Mais derrière ces chiffres, «ce sont surtout des hommes et des femmes qui vivent mieux de leur travail, des produits locaux mieux valorisés et une agriculture qui se structure progressivement», a-t-il souligné. Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a, pour sa part, salué l’engagement de la commune, dans l’organisation de ce marché solidaire, mais aussi, dans les efforts d’aménagement, de propreté et d’assainissement de la ville.
Très vite, les vendeurs se sont retrouvés débordés. On voyait parfois un seul commerçant tenter de servir plusieurs clients à la fois. «J’ai dit que je voulais 5 kilos, peut-être que vous n’avez pas entendu !», lançait un homme dans la foule. Plus loin, une cliente comptait ses achats : «3 kilos de bananes et 2 kilos de tomates… ça fait 4 300 francs, c’est ça ?». Les prix, variant entre 500 et 1 500 francs, ont convaincu la majorité des acheteurs. Beaucoup de citoyens repartaient avec de grands sachets bien remplis. En moins de deux heures, les vendeurs avaient écoulé presque leurs stands. Des camions sont même arrivés pour réapprovisionner.«Je suis satisfaite de mes courses. Au marché habituel, je n’aurais pas pu acheter autant», confie Mohamed Manrouf. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, ces initiatives doivent être pérennisées dans la durée.
Si l’enthousiasme est général, quelques voix expriment des souhaits. «Il manque des légumes comme les carottes ou la salade. J’espère qu’il y en aura demain», glisse une maman. Le marché se tiendra deux jours au centre de Moroni, deux jours au sud (Zilmadju) et deux jours au nord (Coulée), pour toucher le plus grand nombre.




