La commémoration d’Al Habib Ahmed Ben Soumeit a permis à la nouvelle génération de découvrir cette figure religieuse qui a brillé dans plusieurs domaines, notamment dans la philosophie soufie.
La fondation Al Habib Omar, « Abnai Swafa », et le comité de gestion du patrimoine, en partenariat avec la ville d’Itsandra Mdjini, ont célébré ce mercredi 1er avril, à Itsandra Mdjini, le 104è anniversaire de la disparition d’Al Habib Said Ahmad ibn Abi Bakr ibn Sumayt, père du premier mufti des Comores, Al Habib Omar Bin Sumeith.
Après une conférence sous le thème «la paix, la coalition sociale et l’économie à travers l’érudit Al Habib Ahmed Ben Aboubacar Ben Soumet», organisée la veille, une grande cérémonie a eu lieu à la grande mosquée d’Itsandra Mdjini pour commémorer la disparition d’une grande figure religieuse de renommée internationale à qui toute la population de l’Afrique de l’Est, en particulier celle des Comores, rend hommage.
L’évènement a rassemblé plusieurs personnalités, notamment l’ambassadeur de la République Unie de Tanzanie aux Comores, le conseiller du président de la République en charge du Monde arabe, mais également des notables, des cadres et des jeunes venus des quatre coins du pays.
Un grand érudit
A l’occasion, Mohamed Ousseine Djamalilail a rappelé le parcours d’Al Habib Ahmed Ben Aboubacar Ben Soumeit, qu’il qualifie d’«un érudit», faisant partie du comité qui a contribué également à la mise en place du «djaduwal» pour les horaires de la prière, élaboré dans les quatre îles et pour l’Afrique de l’Est.
Selon Idi Abdou El Ghaniou, qui est revenu sur la biographie du cheikh, Al Habib Ahmed Ben Aboubacar Ben Soumeit est né en 1861, d’une mère d’Itsandra qui s’appelle Salima M’madi et d’un arabe venu du Yémen, plus particulièrement de Hadhramaut. Le cheikh a fait l’école coranique à Itsandra, puis à Ntsudjini où il a été initié au fiqh (sciences islamiques) et à la jurisprudence avant de se rendre à Zanzibar. Son père est décédé lorsqu’il avait treize ans.
Idi Abdou El Ghaniou a témoigné qu’Al Habib était membre du tribunal islamique à Zanzibar, mais aussi administrateur, parmi les érudits qui ont géré le Waqf. Al Habib Ahmed Ben Aboubacar Ben Soumeit faisait partie également des membres du comité qui ont élaboré des programmes scolaires et des formations à Zanzibar.
« C’est un personnage qui a brillé, non seulement dans le domaine religieux et spirituel, mais aussi dans l’enseignement et l’éducation », a indiqué l’enseignant Idi Abdou El Ghaniou, appelant à perpétuer la mémoire de ces figures emblématiques pour permettre aux nouvelles générations de mieux les connaitre. Toujours dans sa lancée de la biographie du cheikh, l’ancien président du conseil d’administration de la Meck Moroni a fait savoir que le père d’Al Habib Omar était surnommé «l’océan de connaissances et du savoir» par ses pairs, un qualificatif attribué à des érudits très réputé dans le monde entier.
Al Habib Ahmed Ben Aboubacar a brillé en Turquie, au Yémen, à Zanzibar. Il est décédé en 1925, laissant des traces en Afrique de l’Est, brillé dans ses œuvres, par son génie et son comportement. Pour sa part, Me Fahmi Said Ibrahim a qualifié Al Habib Ahmed Ben Aboubacar d’«un patrimoine immatériel », marquant, selon lui, la fierté pour toute la région de l’Océan indien et de l’Afrique.



