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Conflit autour de l’hôtel Zara I La propriétaire dénonce «des violences» et réclame justice

Conflit autour de l’hôtel Zara I La propriétaire dénonce «des violences» et réclame justice

Société | -   Mhoudini Yahaya

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En conflit avec Taki Hadidja, Zahara Mmadi connue sous le nom de «Madama Zara» dénonce «vandalisme, violences et entraves judiciaires» dans son hôtel, et annonce céder les locaux pour éviter l’escalade.

 

En conflit judiciaire avec Taki Hadidja, propriétaire d’un bâtiment loué à Zahara Mmadi Abdou, dite Madame Zara, pour des activités d’hôtellerie, cette dernière a publiquement dénoncé, mercredi 31 décembre dernier, des «actes de vandalisme et de pillage» qu’elle affirme avoir subis dans son hôtel. En présence de notables, de chefs religieux et de la presse, elle a réclamé le remboursement de son investissement, estimé à 400 000 euros, soit près de 200 millions de francs comoriens, tout en annonçant « céder provisoirement les locaux afin d’éviter toute escalade».


Madame Zara affirme que son établissement a été saccagé par des individus qu’elle accuse avoir été envoyés pour la chasser et détruire ses biens. «J’ai voulu que tout le monde soit témoin de l’acte barbare qui a été commis ici», a-t-elle déclaré, évoquant «violences, désordre et pillages» dans un espace qu’elle partage avec la propriétaire, Madame Taki. Elle soutient s’être «installée sur les lieux sur la base de décisions judiciaires favorables, malgré un contentieux toujours en cours». Selon ses explications, si Taki Hadidja «aurait obtenu gain de cause en première instance pour avoir saisi la justice en premier», elle a dit disposer, de son côté, d’un jugement provisoire et d’un arrêt de la cour d’appel en sa faveur.

Elle a rappelé également que l’hôtel était menacé de mise en vente par Exim Bank en raison de dettes, et que son mari et elle se seraient engagés à régler l’ensemble des frais pour sauver l’établissement. Sans appeler à la vengeance, elle a affirmé s’en «remettre à Dieu» face à ce qu’elle considère comme «des tentatives d’appropriation illégale» de ses biens. Elle accuse Madame Taki de détenir des clés fournies par un ancien procureur, alors qu’elle-même disposait d’une décision de justice. Elle a aussi évoqué une incarcération qu’elle a jugée «injustifiée», attribuée, selon elle, au «réseau relationnel» de son adversaire. En conclusion de sa déclaration, Madame Zara a annoncé céder les locaux à Madame Taki afin d’éviter toute escalade, tout en maintenant ses actions en justice et sa demande de remboursement de son investissement. Elle a mentionné aussi un autre différend avec un autre établissement, dont elle dit également être sortie victorieuse, tout en acceptant de « quitter les lieux malgré un contrat de bail de dix ans ».

Un contentieux toujours actif devant la justice

Le dossier judiciaire de l’hôtel Zara reste ouvert. En juillet 2025, les avocats de Madame Zara, Me Idrisse Mze Mogne et Me Fahardine Mohamed, avaient contesté le jugement n°30/24 confirmant la résiliation du bail entre Madame Taki et l’hôtel Zara. La cour d’appel de Moroni a finalement rendu un arrêt infirmatif ordonnant la réintégration de leur cliente dans le bail commercial.Selon Me Fahardine Mohamed, l’huissier de justice mandaté pour exécuter l’arrêt s’est heurté à de nombreuses entraves. «Le contrat est de dix ans, ce qui explique l’investissement de plus de 200 millions de francs. Mais au bout de deux ans, Madame Taki a décidé de le résilier », a-t-il expliqué. Son confrère Me Idrisse Mze Mogne avait dénoncé, pour sa part, l’intervention de la gendarmerie empêchant leur cliente d’accéder à son local, suivie d’arrestations, alors même que l’arrêt de la cour d’appel avait «un caractère définitif et exécutoire». Les avocats s’étaient dits prêts à saisir le chef de l’Etat et le procureur de la République, car ils avaient estimé que des citoyens avaient été arrêtés arbitrairement.

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