Le président du Synaco, Abdou Boina, annonce un changement de posture du syndicat, axé sur la concertation, le respect des textes, la transparence et la structuration du commerce.
Le Syndicat national des commerçants (Synaco) a tenu une conférence de presse lundi 2 février dernier au restaurant Le Select afin de présenter les conclusions de son congrès organisé l’avant-veille, samedi 31 janvier, qualifié d’«historique» par ses responsables. Devant les journalistes, son président, Abdou Boina, a d’abord remercié les personnes et institutions ayant contribué à la réussite de cette rencontre avant d’en exposer les principales orientations.
D’emblée, le syndicat a revendiqué un changement de posture. «Désormais, finis les cris», a déclaré Abdou Boina. Il a annoncé une stratégie axée sur «la concertation, la retenue et la recherche de solutions institutionnelles». Dans cette dynamique, il a tenu à rassurer les autorités sur la volonté des commerçants de se conformer aux textes en vigueur. «Tous les commerçants sont prêts à se soumettre aux lois et à payer les différentes taxes exigées. Mais nous demandons du respect », a-t-il insisté.
Il a également affirmé que les membres du Synaco disposent désormais des textes régissant la douane, les impôts et les autres services de contrôle. «Si un agent veut piétiner la loi, nous n’allons plus accepter», a-t-il prévenu, avant d’appeler à davantage de « transparence dans les procédures, notamment en cas d’immobilisation de marchandises».
La fiscalité, la fermeture de certaines boutiques et la présence d’opérateurs étrangers dans le commerce local ont également été abordées. «Sans remettre en cause l’hospitalité nationale», Abdou Boina a rappelé que, «dans chaque pays, les étrangers sont soumis à des règles à respecter». Il a par ailleurs plaidé pour une «meilleure prise en compte des opérateurs comoriens dans l’attribution des marchés publics et des dispositifs étatiques », et appelé à «mettre fin à toute forme de favoritisme».
Un avertissement a aussi été adressé à la brigade mobile, accusée de poursuivre certains commerçants alors que leurs marchandises auraient quitté la douane dans les règles. Une situation qui, selon lui, préoccupe la direction du syndicat. Sur le plan juridique, le président du Synaco a précisé que l’organisation entend se conformer exclusivement aux textes légalement adoptés. «Nous nous plierons à la loi lorsqu’elle aura été votée par les députés», a-t-il affirmé, avant d’annoncer «l’ouverture prochaine de cellules régionales dans les autres îles afin de renforcer la présence territoriale du syndicat et l’encadrement des commerçants».
Concernant les relations avec l’administration douanière, Abdou Boina a adressé ses «encouragements» au nouveau directeur général, Djanffar Salim Allaoui, et lui souhaité «plein succès » dans ses fonctions. Il a aussi exprimé son souhait d’instaurer une coopération constructive. «Nous avons confiance en lui et je suis sûr que nous allons nous entendre », a-t-il dit.
Enfin, en perspective, il a évoqué la possible création d’un autre marché moderne dans la capitale, afin de « réduire l’afflux de marchands ambulants autour de l’ancienne ambassade de Madagascar». Une piste issue des réflexions du congrès pour mieux structurer le commerce informel et désengorger certains espaces urbains sensibles.


