Le président des notaires comoriens, Djaé Saoudi Ahmed, a présidé une séance de formation «sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme», le samedi et dimanche derniers à l’ancien hôtel les arcades, actuel siège de l’Union des Meck  de Moroni. Dispensée par la professeure des universités, Anne-Françoise Zattara, membres du notariat français et Ait Ahmed Djalim, cadre de la Banque centrale des Comores, la formation a eu comme objet de permettre aux notaires comoriens de maitriser le cadre juridique et l’architecture institutionnelle sur la lutte contre les blanchiments des capitaux.

Anne-Françoise Zattara s’appuiera sur des nouvelles lois qui encadrent  la profession notariale, notamment celle de Novembre 2025 qui a totalement reformé le statut de notaire et l’autre du 30 juin 2025 qui a refondu les cadres juridiques en matière de blanchiment et de financement des terrorismes et de prolifération des armes de destruction massive, en insistant particulièrement sur les nouvelles obligations qui pèsent sur les notaires en vertu des différents textes.

«Nous avons choisi les notaires comme bénéficiaires de la formation car il s’agit d’une fonction non financière assujettie à ses obligations comptes tenus de la loi de 2025. Ils doivent à certains nombres d’obligations, dont celle de cartographier les risques et les évaluer si jamais il y a un doute dans le cadre d’une opération pour faire une déclaration d’opération suspect», a-t-elle expliqué  avant de poursuivre qu’»ainsi un certain nombre d’outils que nous utilisons chez nous (en France, ndlr) leur seront remis afin de moderniser leurs travaux.

Il s’agit des fiches de vigilances de premiers niveau ou des fiches des vigilances renforcées, des questionnaires pouvant permettre à certaines informations utiles comme l’origine des fonds», a résumé la formatrice. A l’en croire Anne-Françoise par cette formation, les bénéficiaires sont appelés à mettre en place un dispositif interne pouvant leur permettre de cartographier les risques.

Ils doivent également s’adapter à une modernisation du secteur en respectant les obligations prévues par la loi et mettre en place un dispositif interne et opérationnaliser la loi dans toutes ses dispositions avec une adaptation à la pratique. Au nom des notaires bénéficiaires, Djaé Saoudi Ahmed réaffirme ses  reconnaissances à ceux et celles qui contribuent pour la transparence et l’équité dans l’exercice de leur fonction.«Je connais l’utilité et les engagements qu’ont nos autorités sur la lutte contre le blanchiment.

 Chaque notaire doit renforcer sa culture professionnelle pour être en mesure de répondre à ses exigences», a fait savoir le président des notaires comoriens. Pour sa part, Ait Ahmed Djalim, cadre de la banque centrale, a souligné que l’adoption de la nouvelle loi contre le blanchiment d’argent et financement du terrorisme classe les notaires au même rang que les banquiers et les gendarmes. Les notaires ont, selon lui, l’obligation légale de déclarer toutes suspicions en rapport aux blanchiments et de les déclarer auprès d’une structure dénommée service de renseignement financier.