Le renforcement des relations bilatérales, notamment dans le secteur maritime, halieutique et de l’économie bleue entre Moroni et Port-Vila, est au coeur d’une visite officielle des autorités comoriennes dans la République de Vanuatu, dans le sud-ouest de l’Océan pacifique.
Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Daniel Ali Bandar, se trouve en République de Vanuatu, avec une forte délégation composée notamment de la ministre des Transports maritime et aérien, Alfeine Hassane Yasmine, et de plusieurs hauts responsables, dont le délégué chargé de la direction nationale de la protection de l’État auprès de la Présidence, Fakridine Mahamoud, le directeur général adjoint de la pêche, Youssouf Ali, et le directeur général de la Société nationale de pêche, Chamsoudine Mlazema. «Cette mission illustre la volonté des autorités comoriennes de moderniser des secteurs stratégiques pour le développement national», note un communiqué de presse du ministère comorien de l’Agriculture et de la Pêche. À l’occasion d’un dîner officiel organisé en leur honneur, les autorités vanuataises, représentées par le premier ministre, Jotham Napat, ont réaffirmé leur engagement à consolider la coopération avec les Comores. Dans son allocution, celui-ci a salué la présence de la délégation malgré les contraintes logistiques, soulignant l’importance stratégique de cette visite pour les deux États insulaires.
« Bien que séparés par des milliers de kilomètres, les Comores et le Vanuatu partagent des réalités communes. Tous deux disposent de vastes espaces maritimes et font face à des défis similaires en matière de gouvernance des océans, de sécurité maritime, de gestion des ressources halieutiques et de développement économique», a souligné le premier ministre de la République de Vanuatu. Ce dernier a fait savoir que les autorités vanuataises ont particulièrement insisté sur un principe fondamental : « la mer constitue une richesse considérable, mais son potentiel ne peut être exploité efficacement sans une structuration rigoureuse ». « Le potentiel ne suffit pas. Il doit être structuré, contrôlé et valorisé », a rappelé le premier ministre.Fort de son expérience, le Vanuatu a mis en avant son modèle de gestion du registre maritime et de la pêche hauturière. Selon ses responsables, la création de valeur repose sur la solidité des cadres juridiques, la transparence des procédures, la surveillance des activités et la rigueur administrative. Dans le domaine de la pêche, l’accent a été mis sur l’importance des mécanismes de régulation tels que les licences, les quotas, le suivi des navires et l’implication dans les organisations régionales. Ces outils permettent de garantir une exploitation durable des ressources tout en générant des revenus significatifs.
Du côté comorien, les perspectives sont jugées «prometteuses». « Grâce à sa position stratégique dans l’Océan indien et à l’abondance de ses ressources marines, le pays dispose d’atouts importants. Cette visite vise ainsi à identifier des pistes concrètes de réforme et de modernisation, en particulier dans les secteurs du registre maritime et de la pêche », a-t-on indiqué. Au-delà du protocole, cette mission s’inscrit dans une démarche résolument stratégique. Les deux pays ambitionnent de bâtir un partenariat fondé sur des résultats concrets, en privilégiant la coopération technique et le partage d’expertise. Dans un contexte international marqué par le renforcement des contrôles maritimes et la lutte contre la pêche illicite, les Comores et le Vanuatu entendent adapter leurs dispositifs afin de rester compétitifs et attractifs sur la scène internationale.Pour sa part, Daniel Ali Bandar a mis en avant les valeurs de respect, d’amitié et de coopération qui unissent les deux nations. Il a exprimé sa gratitude envers les autorités vanuataises pour la qualité de leur accueil, soulignant que «les relations humaines constituent un pilier essentiel des partenariats durables ».
Le ministre comorien de la Pêche a précisé que cette mission lui a été confiée par le président de la République, Azali Assoumani, initialement attendu mais retenu par d’autres engagements. Il a insisté sur la responsabilité qui lui incombe de porter un message fort d’ouverture et de coopération. Dans un ton empreint de proximité, le chef de délégation comorienne a affirmé que cette visite ne se déroulait pas «en terre étrangère», mais bien auprès de partenaires et d’amis. Daniel Ali Bandar a également souligné l’importance de tirer des enseignements des expériences réussies du Vanuatu, tout en reconnaissant les défis communs. Réaffirmant l’engagement des Comores dans cette dynamique, le ministre a plaidé pour une coopération durable et mutuellement bénéfique. Il a conclu en rappelant que cette mission dépasse le cadre d’un simple déplacement officiel, la qualifiant de véritable «rencontre entre peuples partageant des valeurs communes».





