Le gouvernement comorien et le Système des Nations unies ont lancé, pour deux jours à l’hôtel Retaj, le processus d’élaboration du prochain Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable (Unsdcf) 2027-2030. Cet exercice vise à harmoniser les interventions des agences onusiennes avec les priorités nationales définies dans le futur Plan d’accélération des Comores émergentes (Pace).
Le système des Nations unies (Snu) aux Comores, en collaboration avec le gouvernement de l’Union des Comores à travers le commissariat général au Plan (Cgp), le ministère des Affaires étrangères, a officiellement donné le coup d’envoi, le 4 juin, des travaux de deux jours de formulation du prochain «Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable en Union aux Comores» couvrant la période 2027-2030 à l’hôtel Retaj.
Plusieurs acteurs ont pris part à cette rencontre, notamment les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les représentants du secteur privé ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernement. Cette démarche intervient dans un contexte particulier, marqué à la fois par la poursuite de la mise en œuvre du Plan Comores émergent (Pce) et par l’élaboration du Plan d’accélération des Comores émergentes (Pace) 2027-2030. Elle intervient également à cinq ans de l’échéance de l’Agenda 2030 des Nations unies et de ses Objectifs de développement durable (Odd).
Des «choix plus ciblés et plus efficaces»
A l’occasion, le coordonnateur-résident du Système des Nations unies, Tsok James Bot, a rappelé que le futur cadre de coopération devra être pleinement aligné sur les ambitions nationales. «Le futur Cadre de coopération ne doit pas être un document parallèle. Il doit être un instrument stratégique au service des ambitions nationales des Comores», a-t-il déclaré. Selon lui, les défis auxquels fait face le pays sont multiples, notamment «les vulnérabilités climatiques, les questions de gouvernance, l’emploi des jeunes, les inégalités persistantes ou encore le renforcement du capital humain».
Toutefois, il a estimé que ces contraintes doivent conduire à des «choix plus ciblés et plus efficaces» afin de concentrer les ressources sur les interventions susceptibles d’avoir le plus grand impact. Le coordonnateur-résident du Snu aux Comores a également mis en avant les réformes engagées au sein du système des Nations unies, visant à promouvoir une approche «plus intégrée et davantage orientée vers les résultat» à travers les réformes UN 2.0 et UN80.
Tsok James Bot a appelé l’ensemble des parties prenantes à privilégier «le dialogue, l’innovation et les solutions durables, tout en gardant au centre des préoccupations les femmes, les jeunes et les groupes les plus vulnérables».
Intervenant au nom du Commissaire général au plan, Najda Said Abdallah, a rappelé que le gouvernement poursuit, sous le leadership du président de l’Union des Comores, la mise en œuvre du Plan Comores émergent 2030. Elle a indiqué que les travaux préparatoires du Pace ont permis d’identifier plusieurs leviers majeurs de transformation, parmi lesquels figurent «le renforcement de la gouvernance publique, l’investissement dans le capital humain, le développement des infrastructures économiques et sociales, la résilience climatique ainsi que la transformation des secteurs agricole, halieutique et industriel».
Pour elle, le futur cadre de coopération devra contribuer efficacement à la réalisation de ces priorités tout en favorisant la mobilisation des ressources et des partenariats nécessaires à la mise en œuvre des ambitions nationales. Il a souligné que cet exercice représente avant tout une démarche d’appropriation nationale et non une simple opération de planification. « Les conclusions des travaux alimenteront le dialogue stratégique de haut niveau prévu le 11 juin (phase ministérielle) prochain entre le gouvernement et les responsables du Système des Nations unies, en vue de valider les grandes orientations du futur cadre de coopération », a-t-elle insisté.
L’élaboration du nouveau plan-cadre de coopération
De son côté, le directeur général, Nourdine Mohamed Moeva, a expliqué que le processus se déroule en deux étapes. Dans un premier temps, le gouvernement a présenté le bilan du Plan Comores émergent ainsi que les grandes orientations du nouveau Pace 2027-2030. La seconde étape consiste à permettre aux agences des Nations unies d’adapter leur propre planification aux priorités définies par les autorités nationales. «Nous avons inversé la démarche. Ce sont désormais les partenaires qui doivent s’aligner sur les priorités du gouvernement et non l’inverse », a-t-il expliqué, estimant qu’une meilleure harmonisation des interventions permettra d’accroître leur efficacité.
Des sessions de travail réparties autour de quatre piliers sectoriels ont ainsi été organisées afin d’identifier les domaines dans lesquels le Système des Nations unies pourra apporter une contribution plus importante entre 2027 et 2030. Ces travaux devraient aboutir à l’élaboration du nouveau plan-cadre de coopération qui prendra le relais de celui arrivant à échéance à la fin de l’année 2026.
S’agissant du Plan Comores émergent (Pce), Nourdine Mohamed Moeva a indiqué que son taux d’exécution est actuellement estimé à près de 45 %.
Un niveau qu’il juge satisfaisant, même si un léger retard est constaté. «Les indicateurs montrent que nous avançons dans la bonne direction, mais il faudra accélérer afin de rattraper ce décalage», a-t-il souligné, révélant, par ailleurs, que trente-huit projets prioritaires ont été identifiés et répartis dans seize programmes. Parmi les secteurs appelés à jouer un rôle majeur figure notamment le tourisme, qui bénéficie d’une attention particulière des autorités et d’un nombre croissant de projets impulsés par le chef de l’État.




