Quels sont les principaux objectifs du projet de corridor maritime et comment s’inscrivent-ils dans le développement économique des Comores ?
Le projet de corridor maritime vise en priorité le développement et la modernisation des infrastructures portuaires afin de désenclaver durablement les îles de l’Union des Comores. Il a pour objectifs de réduire les coûts et les délais de transport, de renforcer l’intégration économique nationale et régionale et de faire du transport maritime un levier stratégique de croissance.L’extension du port de Moroni, avec la construction d’un quai capable d’accueillir des porte-conteneurs jusqu’à 2 400 TEU ainsi que des navires de croisière, permettra d’améliorer les opérations de chargement et de déchargement à quai et de promouvoir le tourisme maritime. Ces investissements contribueront au développement des filières économiques et à la mise en place d’une logistique compétitive, indispensable au futur développement des exportations.
Parallèlement, l’extension du port de Mbwangoma et les études de faisabilité prévues pour le port de Mutsamudu s’inscrivent dans une approche globale de développement de l’ensemble de la chaîne portuaire nationale, afin de mieux répondre aux besoins économiques et sociaux des populations.Le corridor soutiendra ainsi des secteurs clés tels que le commerce, l’agriculture, la pêche, le tourisme et l’industrie locale, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et à la maîtrise des prix grâce à la réduction des surcoûts liés aux insuffisances actuelles des infrastructures et services logistiques.À long terme, ce projet s’inscrit dans la vision de positionner l’Union des Comores comme un hub maritime régional entre l’Afrique de l’Est, l’océan indien et les pays insulaires voisins.
Quelles infrastructures et quels services maritimes seront priorisés dans la mise en œuvre du corridor maritime ?
Le projet prévoit en priorité l’extension, la modernisation et la sécurisation des ports existants, notamment à Moroni et à Mwali, ainsi que la réalisation d’études pour le port de Ndzuani.Au port de Moroni, les investissements porteront sur l’extension des quais, l’approfondissement des eaux portuaires, l’aménagement d’environ six hectares supplémentaires et la création d’espaces logistiques dédiés au stockage, au dépotage, à la livraison et à la réception des conteneurs. L’amélioration de l’accessibilité du port est également prévue à travers la construction d’une route de contournement d’environ 1,7 km.
Le projet assure également la coordination financière de la contribution de la Bad pour les travaux du port de Mbwangoma. Pour Mutsamudu, le lancement prochain des études de faisabilité permettra d’identifier les meilleures options d’extension du port.
Comment le projet compte-t-il renforcer la connectivité entre les îles de l’Union des Comores et avec les pays de la région ?
Le projet met l’accent sur le développement de services réguliers de transport maritime inter-îles, le renforcement de la sécurité maritime, la digitalisation des procédures portuaires et l’amélioration des services logistiques, notamment le stockage, la chaîne du froid et le transport de marchandises.
Grâce aux nouvelles infrastructures, des liaisons maritimes plus fréquentes, fiables et abordables seront mises en place entre les îles, pour réduire ainsi la dépendance aux solutions informelles ou coûteuses.
La maîtrise des délais et des coûts permettra également de renforcer les connexions maritimes régionales avec les pays de l’Afrique de l’Est, de l’océan indien et le reste du monde. Cela facilitera les échanges commerciaux et l’intégration des Comores dans les chaînes logistiques régionales et internationales.
Cette amélioration de la connectivité renforcera l’accès aux marchés extérieurs, l’attractivité du pays pour les investisseurs et les partenaires internationaux. La création et l’aménagement d’une zone économique spéciale constitueront également un levier important de synergies économiques et sociales.
Quel sera l’impact du projet sur la création d’emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes et les communautés locales, et quels mécanismes sont prévus pour favoriser leur insertion professionnelle ?
Le projet aura un impact significatif sur l’emploi, avec la création d’emplois directs dans les ports, la logistique maritime et terrestre, ainsi que d’emplois indirects dans le commerce, le tourisme, la pêche et les services connexes.Une attention particulière sera accordée à l’insertion des jeunes et des communautés locales, notamment à travers des actions de formation, de soutien professionnel et de développement de partenariats. Dans le cadre des travaux du port de Moroni, vingt jeunes ingénieurs, dont 50 % de femmes, seront formés au suivi des travaux portuaires et maritimes.Le projet encouragera également l’entrepreneuriat local, en particulier les Pme actives dans les services maritimes et logistiques, mais aussi dans les secteurs halieutique et agricole.
Quels sont les principaux défis identifiés pour la réussite du projet et quelles mesures sont prévues pour assurer sa durabilité à long terme ?
Les principaux défis concernent le financement, la coordination institutionnelle, le respect des standards internationaux en matière d’infrastructures et de bonnes pratiques, la sécurité maritime, ainsi que la préservation de l’environnement marin et la gestion des impacts environnementaux et sociaux.
Une attention particulière est également portée aux effets du changement climatique et aux enjeux de la transition énergétique.
La durabilité à long terme du projet sera assurée par une gestion professionnelle des infrastructures, le renforcement des capacités des institutions nationales, des formations ciblées et un véritable transfert de compétences. Ces actions permettront aux Comores de maîtriser pleinement ce corridor maritime stratégique et d’en faire un levier durable de croissance de l’économie bleue.

