Le comité de pilotage du projet d’Aménagement d’un corridor maritime a évalué son avancement vendredi dernier. Financé par la Bad, ce programme de 228 millions d’euros ambitionne de moderniser les infrastructures portuaires comoriennes.

 

Le comité de pilotage du projet Aménagement d’un corridor maritime et facilitation du commerce régional a tenu, vendredi 31 juillet dernier dans son siège, sa deuxième session afin d’évaluer l’état d’avancement de ce chantier financé par la Banque africaine de développement (Bad). Placée sous le signe du suivi et de l’orientation d’un projet considéré comme un levier majeur de développement économique et de modernisation des infrastructures portuaires des Comores, la réunion a été l’occasion d’examiner les progrès réalisés depuis le lancement du projet, les contraintes rencontrées, ainsi que les prochaines étapes pour accélérer sa mise en œuvre.


A l’occasion, le secrétaire général du ministère des Finances et président du comité de pilotage, Dhoihirdine Ahamada Bacar, a rappelé que ce projet est «stratégique pour la compétitivité maritime et le développement économique de notre pays» et qu’il exige «un engagement collectif et une vigilance constante» de l’ensemble des acteurs impliqués. Il a alors invité les membres du comité à formuler des recommandations susceptibles de renforcer la crédibilité et l’efficacité du projet auprès des partenaires nationaux et internationaux.


Au cours de cette session, les membres ont examiné plusieurs dossiers relatifs à l’état d’avancement des études techniques, à l’exécution financière, au plan de passation des marchés, aux mesures de sauvegarde environnementale, ainsi qu’aux contraintes et points critiques pouvant ralentir la mise en œuvre des activités. La mobilisation de financements complémentaires figurait également parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour. 


Le projet poursuit un objectif global ambitieux, car il demande d’améliorer la connectivité nationale et internationale grâce à la modernisation des infrastructures portuaires, mais également de promouvoir l’intégration régionale et de créer un environnement favorable au développement des chaînes de valeur, notamment dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture.Quatre objectifs spécifiques ont été retenus. 

Quatre objectifs spécifiques

Il s’agit d’accroître la capacité et l’efficacité des ports de Moroni et de Bwangoma afin de répondre aux besoins actuels et futurs tout en réduisant leur vulnérabilité face au changement climatique, de diminuer les coûts du transport maritime pour faciliter les échanges commerciaux inter-îles et régionaux. Le projet vise aussi à développer un écosystème propice aux chaînes de valeur locales dans les secteurs de la pêche et de l’agriculture et améliorer les conditions de vie des populations vivant dans la zone d’influence du projet.


Les responsables du projet ont également présenté les principales étapes déjà franchies. 
Après une phase préparatoire conduite entre 2023 et 2025, le projet a été approuvé par le conseil d’administration de la Bad le 19 juillet 2024. Les accords de financement sont entrés en vigueur le 1er octobre 2024, tandis que le calendrier de mise en œuvre s’étend sur la période 2024-2030. Le lancement officiel est intervenu le 27 octobre 2025, suivi du démarrage des études détaillées du Port de Moroni le 17 novembre 2025. Le premier décaissement des fonds est intervenu le 17 janvier 2026. 


«Des consultants ont été recrutés pour assurer le suivi des travaux d’extension du port de Moroni, un projet destiné à doter le pays d’un port en eau profonde afin de répondre à la saturation des infrastructures actuelles. Le projet prévoit également la création d’une zone économique spéciale à Hahaya, avec un volet consacré à l’autonomisation des femmes. Lancé en octobre 2025, le projet affiche un taux d’avancement d’environ 10%. Son coût est estimé à 228 millions d’euros et sa mise en œuvre s’étendra jusqu’en 2030», a expliqué le secrétaire général du ministère des Transports, Djinti Ahamada.