Adam Zakaria, coach athlétique :
«On avait une équipe composée de joueurs techniquement bons, mais très limitée sur le plan physique : manque de rythme, manque de temps de jeu, manque d’intensité…
Dans une compétition de haut niveau comme la Can, ces détails se paient cash. Sur le premier match contre le Maroc, nos guerriers étaient frais et très motivés pour ce match d’ouverture. Ils ont réussi à limiter les dégâts face à la meilleure équipe africaine actuelle, qui évoluait à domicile. Le deuxième contre la Zambie était un match équilibré au départ, mais aussi une rencontre que nous pouvions gagner au vu de ce qui a été montré sur le terrain.
Contre le Mali, c’était la finale de la poule, puisque les deux équipes avaient leur destin en main. Les Aigles du Mali, bien en place, très expérimentés et solides physiquement, ont dominé la rencontre : possession du ballon, occasions…Malgré la grande détermination et l’envie des joueurs des Cœlacanthes, ce score nul et vierge est synonyme d’élimination. Malheureusement, l’aventure s’arrête là et l’objectif fixé pour la Can au Maroc n’a pas été atteint. Pour la suite, il est essentiel de repenser toute l’organisation dans l’ensemble de ses aspects. Parfois, il faut savoir reculer pour mieux sauter.
L’organisation de haut niveau ne se limite pas au transport ou au paiement des primes. Elle repose sur toute une charpente organisationnelle et logistique visant à maximiser le confort et les conditions de travail afin d’atteindre la performance. Il est également nécessaire de corriger les erreurs du passé et d’éviter qu’elles ne se reproduisent. Par ailleurs, il faut identifier et cibler les meilleurs joueurs comoriens évoluant un peu partout dans le monde, notamment dans les grands championnats et les grands clubs, afin qu’ils viennent porter haut le drapeau comorien. Enfin, donner leur chance aux jeunes talents prometteurs est indispensable pour garantir durablement l’avenir des Veripiya.».
Soueffou Khalissoi, supporter :
«Franchement, c’est un bilan mitigé à mon avis. Il y a eu de la frustration, mais j’ai aussi vu des signes très encourageants. Défensivement, notre équipe a été incroyable. Seulement deux buts encaissés en trois matchs, c’est la preuve qu’on peut être solide face aux meilleures équipes. Par contre, on a un peu souffert devant le but et ça nous a vraiment coûté cher.
Je pense que ce groupe, jeune et ambitieux, a encore besoin de gagner en maturité pour pouvoir rivaliser avec les grandes nations africaines. Mais ce qui me rassure, c’est que les bases sont là. Même si l’élimination fait mal, on peut sortir la tête haute. Il manque juste un peu d’expérience et ce petit truc qui fait la différence dans les matchs clés. Avec ça, je suis sûre que notre équipe pourra non seulement résister, mais aussi imposer son jeu dans le futur. »
Djaoid Mohamed Tadjidine, étudiant :
«A mon avis, il y a eu un vrai manque de coordination, de régularité dans l’effort, ainsi qu’un possible déficit de communication et de préparation collective qui ont empêché l’équipe d’afficher une performance solide et constante, notamment face au Maroc. L’élimination avant les huitièmes de finale s’explique également par certains choix tactiques de l’entraîneur et des erreurs évitables, qui ont probablement joué un rôle dans cet échec. Pour la suite, il est essentiel de renforcer la cohésion du groupe, de tirer les leçons de cette expérience, de travailler davantage sur nos faiblesses et, surtout, de conserver un esprit combatif afin de revenir plus forts lors de la prochaine échéance».
Zainoudine Msoili, entraineur d’Atomic Ngome :
«Pour moi, c’est un bilan satisfaisant. Beaucoup d’entre nous avaient oublié que nous nous sommes qualifiés pour cette compétition sans jouer le moindre match à domicile, en terminant premiers devant la Tunisie, Madagascar et d’autres équipes. Lors du match d’ouverture, personne ne s’attendait à ce que nous puissions tenir tête au Maroc, une équipe classée 10ᵉ au classement Fifa et première en Afrique selon la Caf. Nous avons également fait match nul contre la Zambie et le Mali.
À titre de comparaison, la Zambie compte 19 participations à la Can contre seulement 2 pour les Cœlacanthes. Notre équipe est composée de joueurs évoluant en championnat national avec peu de temps de jeu. Il ne faut pas se voiler la face. Il faut une véritable restructuration afin de pouvoir mieux rebondir pour la suite. Pour toutes ces raisons, je suis satisfait du parcours réalisé. Terminer devant la Zambie est encourageant. Les trois matchs se sont bien déroulés, même si nous aurions pu faire mieux face à la Zambie. Gardons le sourire et continuons d’avancer».

