La grève des chauffeurs a été suivie ce lundi à Ngazidja. Rejoints par les pêcheurs du Cafe du port à Moroni, les manifestants jugent insupportables les prix du carburant, tandis que les autorités ont entamé des discussions afin d’arracher des «compromis».

 

La journée de grève d’hier lundi à Ngazidja a été largement suivie par les chauffeurs du trasport en commun. Le mot d’ordre lancé par le Syndicat des chauffeurs, Usukani wa Masiwa, a plongé le pays dans un calme inhabituel. À Moroni, seules quelques voitures particulières circulaient. Les gares routières étaient désertes et les principaux axes presque vides.


Sur la route menant à Iconi, des chauffeurs de la région de Bambao ya Mbwani veillaient au respect de la grève. «On a entendu dire qu’un chauffeur fait payer 2500 francs à toute personne désirant se rendre à Moroni. On l’attend ici parce que personne ne doit faire échouer cette grève qu’on vient d’entamer. On le dit haut et fort : on ne pourra pas acheter 20 litres de carburant à 17.500 francs», ont-ils déclaré.


Pour rejoindre son lieu de travail, Djoueria Ramadhoini Ali a dû quitter son domicile à pied. «Si je me suis décidée à marcher ce matin pour rejoindre le bureau, c’est parce que je n’habite pas très loin de mon lieu de travail. Je me suis réveillée tôt pour marcher de Sahani à Cefader. Heureusement pour moi, des collègues passaient et m’ont prise en stop. Pour rentrer, ils m’ont également ramenée », a-t-elle expliqué.

Des recherches de compromis

En début de journée, des pêcheurs du Café du port ont également exprimé leur ras-le-bol face à la hausse des prix. D’un commun accord, ils ont annoncé la suspension de leurs activités à partir de ce mardi. «Nous sommes venus annoncer aux Comoriens que nous entamons, à notre tour, une grève comme l’ont fait les chauffeurs. À partir de demain, nous allons fermer les conteneurs dans lesquels nous gardons les moteurs. Depuis plusieurs années, nous subissons les hausses des prix, mais aujourd’hui, cela devient insupportable. Nous appelons les pêcheurs d’Itsandra, d’Iconi et d’ailleurs à ne pas prendre la mer», ont-ils déclaré.


Plusieurs axes routiers, notamment ceux reliant Iconi à Mdé ou encore Mvuni à Mkazi, ont été barricadés. Contacté par Al-watwan, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani, a indiqué que des arrestations avaient eu lieu.
«Dans certaines localités, des jeunes ont tenté de barrer les routes, mais ils ont vite été maîtrisés. Nous sécurisons également les commerçants qui ont ouvert leurs boutiques afin qu’ils ne subissent pas de pressions pour fermer», a déclaré le ministre, précisant que des négociations étaient en cours avec le syndicat des chauffeurs afin de trouver «un compromis ».