À Mitsudje, quinze jeunes femmes issues de milieux modestes ont reçu leurs attestations après une formation en création numérique, laquelle vise à valoriser et transmettre le patrimoine culturel comorien.

 

La formation en création numérique et valorisation du patrimoine s’est achevée samedi à Mitsudje par une cérémonie de remise d’attestations à quinze jeunes femmes issues de milieux modestes. Ce projet régional de développement des industries culturelles, porté par l’initiative «Voix de la lune, savoirs et héritages des Comores» et financé par l’Agence française de développement (Afd), visait à renforcer les compétences numériques tout en promouvant la transmission du patrimoine culturel féminin.


La clôture s’est tenue en présence du directeur général du Centre national de documentation et de recherches scientifiques (Cndrs), Toiwilou Mze Hamadi, ainsi que du directeur de l’Agence française de développement. Lancée par l’Ong Cap Afrique, la formation avait pour ambition d’initier les participantes à la création de contenus numériques axés sur la sauvegarde des savoirs traditionnels et leur transmission intergénérationnelle.

 
Prenant la parole, le directeur général du Cndrs a indiqué la portée du projet. «C’est avec une grande émotion et une profonde fierté que je prends la parole aujourd’hui à l’occasion de cet évènement concernant le projet Voix de la lune, savoir et héritage», dans le cadre de la clôture de cette formation. Ce projet porte en lui une vision forte et nécessaire, celle d’initier nos jeunes femmes à la création numérique dans le but de sauvegarder le patrimoine culturel… », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’importance de donner «une voix, une place et une responsabilité à ces jeunes femmes afin qu’elles deviennent des traceuses de mouvement à travers la production de l’audiovisuel».

Acquérir des pratiques

De son côté, la représentante de l’Ong Cap Afrique, Binti Mohamed, s’est dite satisfaite des résultats obtenus au terme des cinq jours de formation. « Il y a quelques jours nous avons ouvert les portes de cet espace avec une seule conviction simple mais profonde, pour que la femme comorienne puisse porter une voix vivante…», a-t-elle dit. Elle a ensuite évoqué la richesse des savoirs détenus par les femmes comoriennes, qu’il s’agisse des pratiques du grand mariage, des rythmes du Sambe, des plantes médicinales ou encore de la langue shikomori.


Le directeur de l’Afd, Thierry Liabastre, a pour sa part réaffirmé l’ambition du projet. «Depuis son lancement, ce projet a poursuivi une ambition claire : celle de donner aux acteurs culturels, et en particulier aux femmes et aux jeunes, les moyens de transformer leurs savoirs, leurs talents et leurs patrimoines en opportunités économiques, sociales et citoyennes. De ce fait, cet achèvement témoigne d’une conviction partagée laquelle, j’espère, aura répondu aux enjeux fixés dès le début», a-t-il soutenu.


Pour la bénéficiaire Nahdhoit Abdillah, cette formation lui a permis d’acquérir des pratiques qu’elle ignorait auparavant. «Je voudrais d’abord remercier les initiateurs de ce projet. Ils nous ont offert une réelle opportunité, celle de comprendre que la place de la femme ne se limite pas à la cuisine et que nous avons le droit d’exploiter nos talents. Pour ma part, la formation s’est bien déroulée, d’autant plus qu’elle vise à préserver notre patrimoine. J’ai notamment appris à réaliser des montages vidéo, mais aussi découvert des aspects de la culture que je ne connaissais pas», a-t-elle témoigné.