Une étude des produits de diversification est actuellement menée à Ndzuani, parallèlement à une opération de cartographie afin d’identifier les exploitants agricoles impliqués dans les cultures de diversification.
L’Office comorien des produits de rente (Ocpr), avec l’appui de la Fao et de l’Onudi, a effectué une tournée auprès des producteurs de cultures de diversification à Ndzuani. Elle a eu lieu jeudi dernier à Bazimini et Bandrani. La tournée s’inscrit dans une étude visant à mieux connaître et accompagner les filières comme la cardamome, le poivre noir, le gingembre et la noix de muscade. La mission a également permis de renforcer les capacités des agents de l’Ocpr, selon la directrice technique de la filière de diversification de l’Ocpr.
Présentant les objectifs de cette initiative, Amina Matelo a rappelé que cette étude porte sur plusieurs cultures à fort potentiel économique. «Avec l’Organisation des nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ( Fao) et L’Organisation des nations unies pour le développement industriel (Onudi), nous réalisons une étude sur les produits de diversification, notamment la cardamome, le gingembre, le poivre noir et la noix de muscade. Cette mission permet de former les agents de l’Ocpr afin qu’ils puissent mieux identifier et accompagner les producteurs.
À Ndzuani, nous avons organisé des focus groupes et des rencontres avec les producteurs et les transformateurs afin de recueillir leurs expériences et de mieux connaître les filières mises en avant», a-t-elle expliqué. À Bazimini, la délégation s’est rendue dans la plantation d’Amani, alias Bamoro. Depuis une quinzaine d’années, cet agriculteur s’est spécialisé dans la culture de la cardamome. Ses centaines de pieds, actuellement en floraison en cette fin juillet, constituent aujourd’hui sa principale source de revenus.
«Je fais partie des premiers producteurs de cardamome de l’île. Cela fait environ quinze ans que je cultive cette plante et j’en vis. Je distribue également des plants à d’autres agriculteurs qui souhaitent se lancer. Le kilogramme est vendu autour de 15 000 francs comoriens et je peux récolter entre 40 et 50 kilogrammes par saison», a-t-il indiqué. Le producteur souligne que cette production demande surtout un entretien régulier et reste peu exigeante. «L’essentiel du travail consiste au désherbage, au nettoyage de la parcelle et à un bon drainage. Nous n’utilisons pas de traitement chimique.
Les acheteurs viennent souvent directement dans les champs pour acheter la production. Nous avons surtout besoin de formations spécialisées sur la culture de la cardamome. Former un groupe de producteurs ou quelques personnes capables de transmettre ensuite leurs connaissances aux autres serait un véritable atout pour développer cette filière», a-t-il plaidé. Selon lui, la cardamome présente également des avantages importants.
«C’est une culture qui attire rarement les voleurs. Pendant une bonne saison, un producteur peut gagner plus de 500 000 francs comoriens. Après chaque récolte, la plante refleurit environ cinq mois plus tard et il faut ensuite attendre encore cinq à six mois avant de récolter des graines de bonne qualité. Pour obtenir un bon rendement, la cardamome a besoin d’espace, de lumière et ne doit pas être concurrencée par d’autres cultures comme le manioc», a-t-il souligné.




