La traditionnelle cérémonie de célébration de la fête nationale française a mobilisé plus de 800 personnes dans une ambiance de cordialité et de fraternité après l’exécution solennelle des deux hymnes nationaux.
L’ambassade de France aux Comores a organisé, le 14 juillet dernier, la célébration de la fête nationale française à l’hôtel Le Retaj à Moroni. Pour l’occasion, la communauté française résidant aux Comores et de nombreux invités se sont réunis dans une ambiance chaleureuse aux couleurs des deux pays pour célébrer la fête.
L’hôtel Le Retaj a fait le plein, accueillant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le président de l’Assemblée nationale, le président de la Cour suprême, le secrétaire général du gouvernement, des membres du gouvernement, le directeur de cabinet du chef de l’Etat chargé de la Défense, des hauts gradés de l’Armée nationale de développement (AND), des préfets, des maires, ainsi que plusieurs dizaines de citoyens comoriens, amis de la France et des Français.
Un discours trilingue très applaudi
Dans son allocution particulièrement saluée par l’assistance, l’ambassadeur de France à Moroni, Étienne Chapon, a choisi de s’exprimer dans les trois langues officielles des Comores le shikomori, le français et l’arabe. « Une démarche forte pour témoigner de sa considération envers la culture locale et souligner l’importance du partage linguistique dans le renforcement de la coopération entre les deux peuples », a-t-on souligné. Pour illustrer cette proximité, il a rappelé en shikomori que « Nos pays sont liés pour toujours grâce aux femmes et aux hommes qui forment un pont entre les deux, jusqu’à nos jours.»
L’ambassadeur a exprimé sa joie de débuter son propos dans la langue de son pays d’accueil mais aussi de s’exprimer dans les trois langues officiels « En m’exprimant dans les trois langues, avec l’humilité de celui qui apprend, mon intention est de manifester du respect et de rendre hommage à la singularité comorienne», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que «le trilinguisme constitue précisément l’un des aspects remarquables de cette singularité comorienne».
Le diplomate français a également cité le Général de Gaulle, qui affirmait que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts», rectifiant au passage la citation souvent déformée «La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts». Il a expliqué que lorsque les intérêts de deux États concordent, c’est à ce moment précis que les nations et les peuples lient une véritable amitié. Il a illustré sa pensée par un hadith du prophète Mahomet qui, selon lui, résume parfaitement l’idéal de fraternité devant guider les relations bilatérales : «La yu’minou ahadukum hatta yuhibba li akhihi ma yuhibbu linafsihi», ce qui se traduit par aucun d’entre vous ne sera pleinement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même «aimer pour l’autre ce que l’on espère pour soi ».
Une diplomatie de proximité
Nommé il y a un an, l’ambassadeur a rappelé la mission que lui a confiée le président français : donner de la visibilité au partenariat franco-comorien. Pour y parvenir, le diplomate a opté pour une diplomatie de terrain. Très actif, on le voit régulièrement aux côtés de la population, partageant le quotidien des familles, goûtant aux spécialités locales ou participant aux différentes festivités traditionnelles. «Pour comprendre un pays, un peuple, il faut comprendre son âme», a-t-il justifié dans son discours. «Depuis mon arrivée, je n’ai pas ménagé mes efforts pour arpenter les quatre coins de l’archipel.
Je suis allé à votre rencontre, sur vos routes, dans vos villages, en naviguant entre les îles. Du nord au sud, d’est en ouest.» Il a ajouté que l’amitié se mesure moins aux mots qu’aux distances que l’on accepte de parcourir l’un pour l’autre.L’un des moments les plus applaudis de la cérémonie fut sa citation du célèbre poète et philosophe comorien Mbaé Trambwe : «Eshi uwo uwandzani mindu midziro», «Ce qui tue l’amitié, c’est la paresse des jambes, c’est de ne plus faire le chemin jusqu’à l’autre».
Un bilan «positif» pour une première année
Pour contrer la désinformation et établir la vérité, le diplomate a affirmé que «la seule méthode que je connaisse pour contrer cela, c’est la proximité, l’écoute et le respect. Aller à la rencontre des gens, écouter, débattre et argumenter. Essayer de comprendre et d’expliquer. Car c’est sur le terrain que se juge la pertinence de notre coopération. C’est là que nous voulons montrer que la France est un partenaire fiable pour les Comores.»
Le chef de la mission diplomatique française à Moroni a profité de l’occasion pour présenter le bilan de l’année écoulée, qualifiée d’année de la «visibilité renforcée» des actions françaises aux Comores. Il a notamment énuméré le lancement de l’Assurance maladie généralisée (AMG), la réhabilitation d’écoles, les nombreux acquis du programme Afidev (Appui aux filières d’exportations et au développement rural), dans l’agriculture, le démarrage des appuis en faveur au parc national de Mohéli, la création du centre de données des Finances publiques, ainsi que les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat.
Le domaine de la sécurité, soutenu financièrement par la France, a également été évoqué.
Le diplomate a chaleureusement remercié le secrétariat général du gouvernement, les ministères partenaires et les équipes d’Expertise France pour le travail accompli.
Pour l’avenir, Étienne Chapon a formulé le vœu d’approfondir ces relations « Que la France et les Comores puissent travailler ensemble à la stabilité, à la prospérité et à la sécurité dans la région. Nous n’avons pas besoin de porte-avions, de drones et de sous-marins. Ce que nous voulons, c’est du commerce, des échanges entre jeunes, culturels, religieux, sportifs, scientifiques. » Il a conclu en rappelant que la France est heureuse d’accueillir actuellement 4 000 étudiants comoriens dans ses universités et grandes écoles. «Cette année encore, nous sommes bien partis pour délivrer plus de 600 visas étudiants à des jeunes, comme nous l’avons fait chaque année depuis trois ans.»
Des destins liés
À son tour, le ministre des Télécommunications, Oumouri Mmadi Hassani, qui assure l’intérim du ministre des Affaires étrangères, a pris la parole. Il a souligné que le 14 juillet « symbolise, dans l’histoire de la République française, des valeurs républicaines devenues aujourd’hui universelles, à savoir la liberté, l’égalité et la fraternité. Ce sont des valeurs fondamentales qui ont toujours guidé l’amitié et la coopération multiforme entre l’Union des Comores et la République française.»
Témoignant de l’excellence des relations bilatérales, le ministre a réaffirmé que les deux nations entretiennent une relation historique ancrée sur des liens «humains, culturels, linguistiques et économiques particulièrement étroits ». Oumouri Mmadi Hassani a réitéré la volonté du gouvernement comorien de poursuivre ce partenariat de confiance. «Les Comores et la France, la France et les Comores, ce sont deux pays, deux Nations aux destins liés. C’est donc ensemble que nous pouvons et devons consolider les acquis de ce partenariat. C’est ensemble que nous pouvons surmonter les défis régionaux et mondiaux. C’est ensemble que nous pouvons transcender les clivages politiques, et c’est ensemble, dans un dialogue constant, que nous pouvons faire bénéficier à nos deux peuples amis les fruits d’une coopération durable et prospère».




