Vous êtes à la tête du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat depuis un peu plus d’un an. Quel bilan d’étape établissez-vous ?
Merci de m’avoir permis de présenter aux Comoriens notre combat de tous les jours. Permettez-moi, avant de répondre à vos questions, de souhaiter bonne et heureuse année 2026 à toutes et à tous. J’adresse mes vœux les plus sincères à celles et ceux qui nourrissent la nation par le travail de la terre, de la mer, et de la transformation. A nos agriculteurs, nos paysans, nos artistes, nos éleveurs, nos pêcheurs, ainsi qu’à tous les consommateurs, piliers de notre économie et de notre cohésion sociale. Unissons-nous pour relever ensemble le pari de la souveraineté alimentaire nationale. Produisons ce que nous consommons. Consommons ce que nous produisons. Transformons localement nos richesses. Réduisons notre dépendance aux importations et assurons une alimentation saine, accessible et durable pour tous.
Par rapport à vos questions sur mon bilan, je voudrais rappeler que mes missions principales consistaient à transformer durablement les secteurs agricoles, halieutiques et artisanaux sur l’ensemble du territoire national. Pour le secteur de l’agriculture, notre priorité est d’augmenter la production agricole, fruitière et vivrière grâce à une amélioration de l’accès aux semences et à la mise en place de fermes agricoles modernes.
Sur ce point, Dieu merci, nous avons atteints les indicateurs fixés. Au cours de l’année 2025, 28,5 tonnes de semences de base de maïs produits, avec 20 hectares supplémentaires en cours de développement. Il y a également plus de 2 millions de boutures de manioc assainies produites, avec 7 hectares de multiplication en cours. On compte aussi 300 kg de mini-tubercules de pomme de terre des variétés Victoria et Kirundosont produits. Il a eu la mise en place d’un laboratoire d’assurance qualité de semences au sein de l’Inrape. Nous avons appuyé 11 Crde et 7 coopératives pour la production de semence de qualité déclarée. Nous comptons faire plus en 2026 et multiplier ce resultat, afin de pouvoir aller vers la transformation, laquelle reste notre principale vision pour 2027. Derrière l’augmentation de la production, il y avait l’amélioration des conditions comme la construction des routes dans les zones agricoles. Nous avions cinq projets de construction de routes, les quatre sont déjà terminés et la cinquième est en phase finale. Il y avait la construction d’une vingtaine de citernes qui sont déjà disponibles.
Et pour le secteur de l’élevage ?
S’agissant du secteur de l’élevage, nous avions deux catégories, il y avait l’élevage des vaches laitières et des poulets. Sur les deux catégories, nous avons atteint nos indicateurs. Nous avons commencé par la formation des vétérinaires. Au total 42 agents de santé animale sont pris en charge par le ministère. Il y a 6 médecins vétérinaires qui sont au Sénégal et 36 techniciens vétérinaires à l’Université des Comores. Pour ce qui est de l’intensification de la résilience des systèmes d’élevage, il y a la mise en place de 60 champs école agro-pastorale (Ceap) d’élevage. Nous avons également réalisé l’achat et la distribution de 120 génisses gestantes et de 8 taureaux. L’achat et distribution de 100 chèvres et de 15 boucs. La construction de 68 étables ; l’achat, la distribution et la plantation de 102 unités de semences fourragères ; l’achat, la distribution de 100 ruches et l’équipement d’apiculture. Nous avons alors formé 16 inséminateurs au niveau national.
"nous avons déposé plusieurs projets de loi qui ont été adoptées par l’assemblée nationale que je salue et remercie pour ses efforts. Il y a eu l’élaboration et adoption du projet de loi portant sur le code de l’artisanat ; l’élaboration et l’adoption de la loi sur la gestion et la mise en valeur des terres agricole ; mais aussi, l’élaboration et adoption du Code de l’Élevage. J’aimerais rassurer et dire aux Comoriens que nous sommes là pour servir notre nation sous les directives du président Azali Assoumani qui s’engage à faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030 avec une autosuffisance alimentaire"
A propos de l’élevage de poulets, il y a les poules pondeuses et les poulets de chair. Nous avions la mission de lutter contre l’importation d’œufs. Actuellement, la production est suffisante. Certes, l’on enregistre certaines importations, mais nous rassurons la population que nous sommes déjà en mesure de produire le maximum d’œufs sur place. Nous avons certes le problème du prix, mais c’est un autre sujet qui ne dépend pas seulement de notre ministère. Nous avons accompagné 97 ménages, avec des formations et des dotations en intrants avicoles. Nous avons aussi accompagné 62 ménages en poussins de ponte et 35 ménages en poussins de chair. Un total de 31 652 poussins a été distribué, avec 19 140 pondeuses et 12 512 poulets de chair. Un deuxième lot de 160 000 poussins d’un jour a été distribué à 816 aviculteurs, à savoir 556 hommes et 260 femmes. 20 poulaillers d’une capacité de 800 à 1000 têtes chacun ont été construits au niveau national, dont 4 fermes souches parentales pour la production des poussins d’un jour.
Vous êtes également le ministre de la Pêche. Que peut-on retenir de ce secteur ?
Pour ce qui est du secteur de la pêche, il y a eu l’acquisition et la distribution des dispositifs de concentration de poissons (Dcp) aux pêcheurs. 15 Dcp ont été installées dans les zones de forte potentialité halieutique. Le processus d’acquisition de 15 nouveaux Dcp est en cours. Il y a le développement de la pêcherie des poulpes. Il y a eu également des activités de renforcement de capacités des coopératives féminines dans la filière halieutique, avec 20 coopératives structurées et formées aux techniques de séchage et de fumage, et 100 femmes formées sur les normes et techniques de transformation halieutique. Au sujet de la levée du carton rouge de l’Union Européenne, toutes les conditions exigées ont été réalisées. Nous attendons l’évaluation finale qui permettra de lever le carton rouge. L’une des priorités sur ce secteur, c’est l’opérationnalisation de la société de pêche. Le dossier avance. Après avoir rompu notre contrat avec la société américaine, il y a eu une société sud-africaine qui a sollicité travailler avec nous. Nous sommes actuellement en négociation avec un autre partenaire encore. C’est l’un de nos priorités de 2026.
Plusieurs projets ont été lancés et/ou achevés, notamment le Pidc, l’Aepf, le Prefer, le programme de développement du gingembre et Afidev. Quels en sont les résultats les plus significatifs ?
Oui les résultats sont clairs et significatifs. Tous les travaux que nous avons réalisés au niveau du ministère sont présentés comme bilan. Au niveau du gouvernement, nous définissons ce que nous voulons faire avec le besoin des Comoriens, en suite nous demandons aux partenaires de financer nos activités. Nous avons un projet avec la Banque mondiale qui intervient sur la production, l’élevage et les infrastructures. Nous avons le projet Afidev avec l’Afd qui entre dans le cadre de la Pdfc. Ce projet est basé sur les produits de rentes et la construction des pistes rurales et des citernes. Nous avions un projet avec la Bad qui misait beaucoup plus sur la production vivrière. Il y a un autre projet financé par le Bad mais exécuté par la Fao. Il y a le projet avec la Fida, le projet Prefer qui sont là et qui donnent les résultats escomptés.
D’autres projets seront lancés à partir de janvier 2026 avec non seulement la production de masse mais aussi la transformation des produits. Avec la Bad, la Bid, la banque mondiale, le Pnud, l’Afd et autres partenaires, nous allons multiplier les efforts pour satisfaire les besoins des Comoriens et atteindre l’autosuffisance alimentaire qui est l’objectif principal de notre gouvernement.
L’un des objectifs était de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, notamment de la Tanzanie. Avez-vous le sentiment que ce but est atteint ?
Nous avons atteint nos objectifs sur ce point. On s’était fixé d’arrêter l’importation de tous les produits sauf les taros. Nous l’avons fait avec la production suffisante des différents produits agricoles. Maintenant, nous allons accompagner les fermes pour des semences de taros. Pour les autres produits, on produit suffisamment ici aux Comores et donc, il n’y a aucun intérêt pour importer.
Combien d’emplois durables ces projets ont-ils permis de créer dans les filières de production, de transformation et de commercialisation ?
Pour la création d’emplois, nous avions un indicateur de créer 1000 emplois, nous les avons dépassés. Avec les emplois directs et indirects, nous avons créé près de 3000 emplois. Les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’artisanat sont les secteurs qui enregistrent la majorité des travailleurs de notre pays. Avec les Crde et les coopératives agricoles, on peut compter plus 204 emplois directs dont 89 pour des femmes, soit 43,6%. Il y a aussi 365 emplois indirects dont 167 pour des femmes, soit 45,7%. Il y a les pécheurs, les éleveurs mais aussi les artisans qui ne se considèrent pas comme travailleurs alors qu’ils sont très nombreux dans nos localités. Pour la commercialisation, un projet de recensement est en cours.
Quelles mesures envisagez-vous pour assurer la pérennité et l’impact durable de ces projets ?
La pérennisation est très importante. Chaque projet est géré par une direction. Nous avons formé des organisations pour les fabrications des semences. Les laboratoires sont construits. Toutes les mesures sont prises pour assurer la pérennisation des projets. A la fin du projet, le gouvernement prendra le relais de financement pour assurer la continuité et la pérennité.
Lors de l’évaluation des performances ministérielles, du 13 et 14 novembre, 23 activités sur 77 ont été réalisées, 45 sont en cours, et 9 non entamées. Pouvez-vous nous fournir plus de détails sur cette évaluation ?
Pour l’évaluation, les évaluateurs s’étaient limités sur des réalisations de janvier à septembre. Je peux vous rassurer que presque toutes les activités prévues sont réalisées. Sur les 45 activités citées comme étant en cours, une quarantaine est déjà réalisée. Je peux vous dire au final que sur les 77 activités, plus de 60 ont été réalisées et les autres sont en cours.
Vous n’avez pas parlé du secteur de l’artisanat. Qu’est ce qui a été réalisé dans ce secteur ?
Dans ce secteur, il manquait une base juridique, une stratégie et nous n’avions pas de partenaires pour financer le secteur. Il y avait seulement l’Union européenne qui appuyait le coté formation. Nous avons mis en place une stratégie, élaboré un Code de l’artisanat et organisé des salons de l’artisanat pour mettre en valeurs nos artisans. Nous avons des projets de construction des boutiques artisanales et nous allons appuyer les différents volets artisanaux. Ce secteur sera l’un des priorités de l’année 2026.
Un dernier mot ?
Je voudrais parler du renforcement du cadre juridique du secteur. Au cours de la session parlementaire d’octobre 2025, nous avons déposé plusieurs projets de loi qui ont été adoptées par l’assemblée nationale que je salue et remercie pour ses efforts. Il y a eu l’élaboration et adoption du projet de loi portant sur le code de l’artisanat ; l’élaboration et l’adoption de la loi sur la gestion et la mise en valeur des terres agricole ; mais aussi, l’élaboration et adoption du Code de l’Élevage. J’aimerais rassurer et dire aux Comoriens que nous sommes là pour servir notre nation sous les directives du président Azali Assoumani qui s’engage à faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030 avec une autosuffisance alimentairen

