Hier jeudi 19 février, premier jour du mois sacré de ramadan (1447 de l’Hégire), a été officiellement ouverte la darse (prêche) officielle du ramadan à la mosquée du Palais du Peuple, après la prière de l’Asr. La rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, des autorités religieuses, des cadres de l’administration ainsi que de nombreux fidèles, en présence du président de la République, Azali Assoumani.
À son arrivée, le chef de l’État a été accueilli par les responsables religieux et les membres du gouvernement présents. Prenant la parole, le président a rappelé la portée spirituelle du ramadan, mois de discipline, de pardon et de solidarité : «La darse doit être un espace d’élévation morale et de consolidation de notre unité nationale», a-t-il souligné.Dans la continuité de son propos, le chef de l’État a dénoncé les pratiques consistant à «augmenter excessivement les prix des denrées alimentaires à une période où la solidarité devrait pourtant prévaloir ». Rappelant que de nombreux commerçants consentent des efforts en réduisant leurs marges pour faciliter les fidèles et espérer la récompense divine, il a appelé chacun à la responsabilité et à la crainte d’Allah dans les transactions.
Le président a également interpellé son gouvernement, insistant sur le devoir de veiller à ce que «rien ne manque aux comoriens pendant ce mois de ramadan». Il a exhorté les ministères concernés à assurer l’approvisionnement régulier des marchés initiés pour ces occasions de solidarité, à surveiller les prix et à prévenir toute forme de spéculation ou de pénurie. Pour lui, le mois de ramadan doit être un temps de sérénité pour les ménages et non une source d’inquiétude supplémentaire. Au-delà des aspects économiques, il a évoqué les défis moraux et sociétaux contemporains. Il a surtout attiré l’attention sur l’usage du téléphone portable, qualifié d’« aubaine » à l’origine, mais dont l’utilisation, selon lui, dérive parfois vers des pratiques nuisibles.
Il a appelé à un usage responsable des outils numériques, particulièrement durant le mois sacré, afin d’éviter la propagation de contenus contraires aux valeurs religieuses et sociales. Abordant la question de l’extrémisme, le Chef de l’État a tenu à faire une distinction claire entre la pratique authentique de l’islam et les actes de violence commis en son nom : «les actes violents commis au nom de l’islam ne sont pas l’islam. Une personne qui explique le Coran dans une mosquée n’est pas un islamiste, mais un terroriste si elle détourne le message pour semer la haine.
Les mouftis doivent se réunir et rappeler cette vérité à tous. L’islam est paix et tolérance, et il nous revient de le protéger contre ceux qui veulent le salir», dit-il. La cérémonie s’est poursuivie par le darassa animé par le grand moufti de la République, Cheikh Aboubacar Abdallah Djamalilail, qui a ouvert le premier enseignement du mois en invitant les fidèles à purifier leurs intentions et à faire de ce recueillement, un moment de réforme intérieure et de renforcement de la foi.Au-delà du protocole, cette ouverture officielle aura été marquée par un double message : élévation spirituelle et responsabilité collective. Un rappel que, durant le Ramadan, foi et engagement social doivent avancer de concert pour préserver l’unité et la cohésion nationales.




