Décédée le 24 février en Égypte où elle s’était rendue pour des soins médicaux, Binti Mhadjou a regagné sa terre natale ce samedi 28 février. Accueillie par les autorités et une foule émue à Herumbili, l’ancienne journaliste de l’Office de radio et télévision des Comores (Ortc) a reçu un hommage à la hauteur de son engagement et de son parcours au service de l’information et de la Nation.
Rapatriée d’Égypte ce samedi 28 février, la dépouille de l’ancienne journaliste de l’Ortc, décédée le mardi 24 février, à l’âge de 36 ans, a été accueillie avec émotion aux Comores. Autorités gouvernementales, proches, collègues, hommes politiques et anonymes se sont mobilisés pour rendre un dernier hommage à celle qui a marqué le paysage médiatique national en dix ans.
Témoigner de la reconnaissance de la Nation
La dépouille de Binti Mhadjou est arrivée aux Comores ce samedi 28 février, à bord du vol Ethiopian Airlines, en provenance d’Égypte, où elle s’était rendue pour des soins médicaux. Sur le tarmac de l’aéroport international Moroni prince Said Ibrahim (Aimpsi), plusieurs membres du gouvernement étaient présents pour accueillir la défunte et témoigner de la reconnaissance de la Nation.Parmi les personnalités présentes figuraient le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, le directeur de cabinet du chef de l’Etat chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali ainsi que plusieurs ministres. Une prière mortuaire a été organisée avant que l’ambulance de la direction générale de la sécurité civile n’embarque le cercueil en direction de Herumbili, son village natal situé dans le nord-est de l’île. À Herumbili, une foule immense, venue des quatre coins du pays, attendait l’arrivée du cortège funèbre. A 15h30, l’ambulance touche la localité. La tristesse se lisait sur tous les visages. Amis, collègues, notables et anonymes se sont rassemblés pour accompagner Binti Mhadjou à sa dernière demeure.Des autorités, hautes personnalités, des cadres, des journalistes et des patrons des medias avaient fait le déplacement.
«C’est une perte énorme»
L’on notera la présence du président de l’Assemblée nationale, Moustadroine Abdou, de la ministre de l’Information, Fatima Ahamada, l’ancien ministre des Finances, Mze Abdou Mohamed Chanfiou, de nombreux élus et anciens ministres, du coordinateur de la communication à Beit Salam, Ali Djaé, du directeur général d’Al-watwan, Karimou Abdoulwahabi, du journaliste et ancien membre du Cnpa, Ali Moindjié, du président du Syndicat national des journalistes, Ahmed Bacar ou encore du journaliste Soilihi Abdallah Moina, entre autres.Le directeur général de l’Ortc, Hablani Assoumani, très ému, a salué la mémoire d’une professionnelle accomplie. « C’est une perte énorme, mais la vie est faite ainsi. Il n’y a pas grand-chose à dire, si ce n’est que Binti possédait toutes les qualités requises du journalisme. Elle aimait rassembler les gens. Nous qui restons devons vivre en parfaite harmonie et mettre de côté les querelles inutiles. Je pense que cela la réjouirait. Je présente mes sincères condoléances à toute sa famille et à ses proches », s’est-il manifesté. De son côté, Kaissane Hassane, maire de la commune de Hamahame ya Nyumamsiru, a évoqué un véritable deuil national. Selon lui, «ce n’est pas seulement la région de Hamahame ou la localité de Herumbili qui vient de perdre son enfant, mais le pays tout entier, qui perd l’un de ses brillants talents».
Il a adressé ses condoléances attristées à la famille de la défunte ainsi qu’à toute la jeunesse comorienne. Ibrahim Ahamada, venu d’une localité de Washili, a expliqué ne pas avoir personnellement connu la défunte, mais avoir été touché par l’émotion suscitée sur les réseaux sociaux.
«Tous ces messages qui ne disaient que du bien de la regrettée m’ont fait comprendre qu’il s’agissait d’une merveilleuse personne. Ce n’est peut-être pas un hasard qu’elle soit décédée en ce mois béni de ramadan. Si l’on en croit toutes ces personnes mobilisées pour venir prier pour son repos, elle peut calmement reposer en paix», a-t-il déclaré.
Une femme engagée
Mze Mouigni Mdahoma, venu de Mitsamihuli, a tenu à faire le déplacement pour les funérailles. «Binti et ma fille étaient de vieilles amies. J’ai eu l’occasion de la côtoyer de temps en temps. C’était une fille merveilleuse, toujours souriante. Raison pour laquelle je suis là aujourd’hui. Je n’ai plus les mots», a-t-il confié.Assis sur les escaliers de la grande mosquée, un autre notable, originaire de Mtsangadju ya Dimani, a également livré un témoignage empreint d’émotions. «Je l’ai connue à travers les écrans, bien sûr. Mais j’ai aussi eu la chance de la rencontrer au ministère des Affaires étrangères, où elle m’a toujours bien accueilli. Je viens lui envoyer mes prières et implorer le Tout-puissant de l’accueillir dans Son vaste paradis», a-t-il déclaré, les larmes aux yeux.Ancienne journaliste à la télévision nationale, présentatrice, directrice de l’information chargée de la politique et rédactrice en chef, Binti Mhadjou avait récemment rejoint le ministère des Affaires étrangères en tant qu’attachée de presse, avant d’être nommée conseillère politique du ministre Mbaé Mohamed. Partie à seulement 36 ans, elle laisse derrière elle un garçon de six ans et le souvenir d’une femme engagée, rassembleuse et profondément attachée à son métier et à son pays.



