Entre 2001 et 2026, le tableau socio-économique demeure contrasté mais le pays a des marges nouvelles pour s’atteler aux défis persistants en tirant les dividendes de la paix et de la stabilité pour assoir une nouvelle trajectoire de développement.

 

Les Comores ont enregistré des progrès lents mais significatifs 25 ans après la signature de l’Accord-cadre pour la réconciliation nationale. A lire de près les rapports nationaux et les synthèses faites par les organisations internationales, le pays a pu relever de nombreux défis sans véritablement réussir à enraciner des politiques de transformation au service de la croissance et de l’emploi durable et productif.Mais comparés aux chiffres des années 90, quinze ans après l’indépendance, la période 2001-2026 a été marquée par des améliorations significatives des indicateurs grâce à de nombreux programmes engagés dans les secteurs sociaux de base (santé, éducation, électricité et eau en particulier) avec des différences d’impact dans chacun des domaines.


Si le pays a connu une évolution notable de son Produit intérieur brut (Pib) par habitant qui passe de 628,38 dollars, à 1784,12 dollars en 2024 pour s’établir à 1800 dollars l’année suivante, bien de secteurs stratégiques peinent à décoller pour offrir des marges d’opportunités en termes d’investissement pour créer de la richesse et réduire la vulnérabilité des ménages. L’Enquête à indicateurs multiples (Eid) réalisée en 2005 montre un niveau de pauvreté persistant avec des proportions importantes dans les îles de Mwali et de Ndzuani.

Le statut de pays  à revenus intermédiaires

Une situation qui se résume « par des facteurs démographiques » difficiles à maîtriser, selon un rapport publié en 2005 intitulé « Pauvreté, inégalité et marché du travail dans l’Union des Comores » et qui met en avant des inégalités persistantes entre les îles, d’une part, et entre les milieux ruraux et urbains, d’autre part. « La réduction de la pauvreté doit s’inscrire dans une perspective plus large de développement social qui vise à aplanir les inégalités entre les individus et à s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté. Celle-ci est le reflet d’un déficit de développement humain et un frein au développement humain », a souligné à l’époque, dans le préface, Rehema Boinali, alors ministre du Plan.

 

En 25 ans, l’indice du développement humain (Idh) a lentement évolué, passant de 0,510 en l’an 2001 à (141ème rang sur 186 pays) à 0,586 (152ème sur 193 pays) en 2025, selon des données fournies le Commissariat général au Plan (CGP). Classées parmi les Pma (Pays moins avancés), les Comores ont été classées « pays à revenus intermédiaires » depuis 2019 de la tranche inferieure par la Banque mondiale dans sa classification des 46 Pma. Mais l’institution estime que l’économie reste encore fragile avec « une pauvreté modérée » mais qui risque de s’accentuer faute de politiques pour promouvoir la compétitivité du secteur privé, considéré comme un potentiel créateur de richesses et un pourvoyeur d’emplois. « La majorité des Comoriens disent avoir au moins « quelques fois » manqué de revenus en espèces (74%), de nourriture (59%), de soins médicaux (56%), d’eau potable (53%) et de combustible pour la cuisson (53%) pendant les 12 derniers mois qui ont précédé l’étude », souligne Afrobarometer dans sa dernière enquête aux Comores.


En dépit des inquiétudes, les partenaires au développement demeurent optimistes quant à la capacité du pays à relever les défis de la croissance et accordent un crédit à la nouvelle vision de développement portée par le chef de l’Etat, Azali Assoumani, à savoir le Plan Comores Emergent (Pce), le second sérieux plan de développement du pays (après celui d’Ali Soilihi de 1976). « Des évolutions ont été notées que ça soit dans la mobilisation des infrastructures énergétiques, scolaires et routières pour mettre le pays sur la voie de la croissance », soulignent des experts internationaux qui accompagnement le gouvernement dans la mise en œuvre de ses programmes de développement du pays.