Saïd Madi et Fatihou M. ont exposé leurs soucis aux autorités présentes, sollicitant notamment la poursuite des politiques de désenclavement des zones agricoles du pays pour permettre aux agriculteurs d’accroître leurs capacités de rendement et d’écoulement des denrées agricoles.

 

Saïd Madi, originaire de Wanani dans la région de Djando, ancien agent de Comores telecom, est devenu un agriculteur modèle à Mwali. Son choix de se lancer dans l’agriculture s’est avéré concluant. L’homme s’est d’ailleurs illustré au cours de cette célébration. Lui seul a en effet transporté jusqu’à 40 régimes de bananes toutes variétés confondues. À Mbwamadji où se trouve son champ de 9 ha, il ne plante que de la banane et du manioc. Malgré les investissements consentis, il a expliqué au ministre de l’Agriculture les difficultés rencontrées. L’accès à son champ est devenu problématique. 


Pour s’y rendre, la mer demeure la seule voie rapide pour acheminer également ses produits. «Je suis obligé de me réveiller à 4h du matin pour prendre une vedette de pêche à Djwaezi. Après 10 minutes de traversée maritime, les pêcheurs me laissent à Mbwamadji. Puis commence un travail éprouvant. Je me trouve dans l’obligation de transporter dans le dos toute la récolte collectée  et redescendre une zone accidentée jusqu’à la côte. Une vedette me récupère ensuite jusqu’au point de départ. Là, je loue une moto benne pour acheminer les produits vers le lieu de vente», a-t-il raconté. 


Ce quadragénaire sollicite ainsi l’appui du ministère de l’Agriculture pour intensifier ses activités et augmenter le rendement agricole. «Beaucoup de produits périssent faute de moyens d’acheminement», regrette celui qu’on surnomme «Chemi», selon qui, deux équipements suffiraient à résoudre la situation pour réduire les pertes. Pour lui, il lui faudrait une vedette et une moto benne. «Si je disposais de ces matériels, j’exploiterais l’ensemble de ma parcelle car je serai sûr que je n’aurais jamais un problème pour acheminer mes produits vers les points de vente», a expliqué «Chemi».  


La situation de «Chemi » illustre les difficultés que rencontrent d’autres agriculteurs de l’île pour accéder à leur champ. À Mbabani, non loin de Mbwamadji, Fatihou, un agriculteur de Djwaezi rencontre, de son côté, presque les mêmes soucis. «Chez moi, la route n’est pas goudronnée mais accessible uniquement par moto. Le souci est que le lieu est inaccessible pendant les périodes pluvieuses puisqu’elle est très raide à cause de la pente trop élevée de la zone. Le site est l’un des endroits où on cultive une très grande quantité d’ananas dans l’île. Il est préférable de désenclaver les espaces agricoles sinon ces difficultés continueront toujours de freiner la valorisation de nos productions», a souligné cet agriculteur spécialisé dans la production d’ananas, de vanille et de canne à sucre. En marge de cette célébration, le secrétaire général du gouvernement et le ministre de l'Agriculture ont visité le Crde de Fomboni.