Deux bateaux qui chavirent en l’espace d’un mois dont l’un à trois kilomètres des côtes mohéliennes et l’autre après accostage au quai du petit port de Moroni.
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Heureusement, ces accidents n’ont pas fait de victimes humaines ; cependant, il y a lieu de s’interroger sur la sécurité de ces bateaux. Est-ce qu’ils sont aux normes ou non ? Les contrôles y sont ils effectués ? L’opinion publique, pense à tort ou à raison que les deux bateaux cités plus haut ne sont rien d’autres que des épaves. Sans compter le risque de déversement des hydrocarbures dans la mer.
Pour le naufrage de Mdjanga II, Bacha Chefou, ex-commandant du port, a insisté sur le fait que dès son départ, le service douanier malgache avait ordonné de diminuer les charges à bord.
Peut-être qu’ils n’ont pas vraiment diminué les colis. Un bateau ne chavire pas en quelques secondes, ça prend du temps. Peut-être l’équipage n’était pas à bord,
a supposé l’ex-commandant étant donné que le bateau a coulé alors qu’il était accosté au port de Moroni. Dans le même sens, la patronne de l’Apc, Toilabia Soilihi, a expliqué en quelques minutes que ça revient à l’autorité du pays en partance d’interdire la navigation après des contrôles. “Au port de Moroni, nous effectuons toujours des contrôles à bord avant tout départ”.
Au niveau de l’Anam, le chef de département de la sécurité, Abdoulhad Mhoussine, a tenu à préciser que Mdjanga II est un navire de charge qui n’a pas respecté le code de la marine marchande comorienne. Puisque, a-t-il dévoilé, ce bateau transportait près de 90 passagers alors que ledit code a précisé que les navires de charge ne peuvent en aucun cas transporter plus de 12 passagers. Reste à savoir si une enquête a été ouverte ou non.
Quant au naufrage du mois dernier, Bacha Chefou a parlé d’une interdiction de navigation par l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam) après des contrôles techniques. A l’entendre, c’était juste une autorisation de naviguer pour se rendre dans un carénage à l’extérieur.
Alors comment se fait-il qu’il ait été autorisé à quitter Moroni avec 50 tonnes de gasoil? “L’agence, elle-même, nous a écrit pour l’autoriser à naviguer. Nous sommes des exécutants. Le responsable de tout ce qui se passe est l’Anam”, nous a confié cet ex-commandant au nom de la présidente directrice de l’autorité portuaire des Comores (Apc).
Il s’agit d’une erreur…
Au niveau de l’Anam, le chef de département de la sécurité, Abdoulhad Mhoussine, a répondu que si “Merci II” a quitté Moroni pour Mbwangoma, c’était pour des réparations avant de continuer vers un carénage à l’étranger.
Ce n’est pas une erreur administrative s’il chavire. Plutôt une erreur de navigation. Il est temps de mettre en place des moyens pour pouvoir intervenir dans des pareils cas.
Pour le directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes, il y a un laisser-aller durant les départs des bateaux. Du coup, a-t-il poursuivi, un dispositif de contrôle a été installé au port de Moroni pour les bateaux en partance. Toutefois, Abdoulhad Mhoussine reste convaincu que Moroni dispose d’une flotte assez vieillissante et un privé qui n’arrive pas à assurer le transport en mer faute de moyens.
D’où, la nécessité de repenser le transport maritime qui assure “90% des marchandises aux Comores”. “Ce secteur est important puisque pour un seul voyage, le bateau transporte 200 personnes alors que pour un vol on comptabilise 19 passagers dans nos îles. Jusqu’ aujourd’hui, nous n’avons pas de remorqueur de bateaux. C’est un investissement de 800 millions à un milliard de francs”, a-t-il précisé.
L’Etat va-t-il subventionner le privé ou va-t-il investir dans les compagnies maritimes ? Le projet sur la création de société sur la navigation maritime va-t-il voir le jour ? Est-ce que l’Etat va procéder à un partenariat public-privé pour prendre le relais ? En ce qui concerne les risques de déversement du carburant de Mdjanga II, l’ex-commandant du port a fait savoir que, selon le chef mécanicien du bateau, il y a six mille litres de gasoil.
“Nous essayons de vider le gasoil qui se trouve dans le tank, mais nous avons des difficultés d’atteindre les vannes. Toutefois, nous avons déjà fait remonter des bidons de gasoil. Nous souhaitons tout remonter avec le bateau, sinon la fermeture du petit quai n’est pas à exclure”, a-t-il ajouté.