Réalisée par le cabinet Data Consulting dans le cadre du projet Wamanga wa Komor, avec l’appui financier de l’Union européenne et la mise en œuvre d’Expertise France, l’étude recommandée par le Commissariat à la Diaspora et l’Agence comorienne de cooration internationale (Acci) analyse les profils, les compétences, les attentes, les pratiques d’investissement et les difficultés rencontrées par les Comoriens établis dans la région.
Pour l’Agence comorienne de coopération internationale (Acci), cette démarche doit permettre de disposer de données plus précises afin de mieux mobiliser les compétences et les ressources de la diaspora au service des priorités nationales. «La connaissance de la diaspora s’était longtemps concentrée sur certains espaces géographiques. L’étude élargit cette perspective à l’Océan indien considéré comme un espace important de mobilité, d’échanges, de compétences et d’opportunités pour les Comores», a-t-on souligné.
Les résultats pourraient notamment contribuer à la constitution d’une base d’experts comoriens établis à l’étranger, afin de faciliter leur mobilisation en fonction des besoins des institutions nationales. Cette démarche s’inscrit dans le mandat de l’Acci en matière de coopération Sud-Sud et triangulaire.L’étude s’intéresse également à la contribution économique de la diaspora. Si les transferts financiers jouent déjà un rôle important dans l’économie nationale, l’objectif est de favoriser davantage la participation de la diaspora à la création d’activités, d’emplois et d’innovations.
Pour y parvenir, plusieurs conditions apparaissent nécessaires : améliorer l’information et l’accompagnement, renforcer la confiance et mettre en place des mécanismes de partenariat adaptés aux besoins des entrepreneurs de la diaspora. Le chef du bureau de l’Union européenne à Moroni, Pavlos Evangelidis, a souligné l’importance de cette étude, estimant que les profils de la diaspora dans l’Océan indien étaient jusqu’ici insuffisamment pris en compte dans les stratégies.
«La disponibilité des finances n’est pas l’obstacle majeur. C’est surtout la confiance et la disponibilité d’un instrument adapté aux besoins des entrepreneurs de la diaspora», a-t-il expliqué. Il a également relevé la faible participation de la diaspora aux activités économiques contribuant aux objectifs du Plan Comores émergents. Selon les données présentées, sur environ «800 personnes interrogées», seules 12 participent à une activité économique identifiée comme bénéficiant au Plan Comores émergents (Pce).
La restitution ouvre désormais la voie à la mise en œuvre des recommandations. Parmi les pistes évoquées figurent l’identification et la mobilisation des compétences, l’accompagnement des initiatives entrepreneuriales et le renforcement des liens entre la diaspora et les institutions nationales. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la Stratégie nationale de mobilisation et d’engagement de la diaspora, adoptée en septembre 2025.
Pour l’Acci, l’enjeu est désormais de transformer les données recueillies en mécanismes opérationnels.Au-delà de sa dimension démographique, la diaspora comorienne apparaît ainsi comme un réservoir de compétences, d’expériences, de réseaux et d’initiatives. Le défi consiste désormais à mieux organiser sa mobilisation afin de transformer ce potentiel en contributions concrètes au développemen du pays.


