L’ancien ministre des Finances et figure majeure de la vie politique comorienne, Ali Nassor, a été inhumé mardi à Mitsamihuli, sa ville natale, lors d’obsèques nationales marquées par des honneurs militaires. Ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 et proche collaborateur du président Azali Assoumani, il laisse un héritage politique, associatif et intellectuel important dans l’histoire contemporaine des Comores.
Décédé le 16 juillet dernier à l’île Maurice, où il suivait des soins médicaux, Ali Nassor a été ramené aux Comores pour y recevoir les derniers hommages de la Nation. Ses obsèques se sont déroulées le mardi 21 juillet à Mitsamihuli, en présence d’une foule nombreuse composée de proches, de notables, de responsables politiques et de simples citoyens venus lui rendre un dernier hommage.
Pour saluer la mémoire de cet ancien haut responsable de l’État, les autorités lui ont accordé des honneurs funèbres militaires. À l’annonce de sa disparition, le président de la République, Azali Assoumani, a salué la mémoire d’un serviteur de l’État dont le parcours a marqué plusieurs générations. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le chef de l’État a exprimé sa « profonde tristesse » face à la disparition de celui qui fut notamment directeur de cabinet, ministre des Finances et conseiller privé du président de la République.
Lors de la cérémonie officielle, le ministre premier, Aboubacar Saïd Anli, s’est exprimé au nom du président et du gouvernement pour présenter les condoléances de la Nation à la famille du défunt. Il a fait savoir que les honneurs rendus à Ali Nassor reflétaient la reconnaissance du pays envers son engagement et sa contribution à la construction de l’État comorien.
Prenant la parole au nom de la ville de Mitsamihuli, Fayssoil Moussa est revenu sur le parcours politique et associatif du disparu. Il a rappelé qu’au lendemain de l’indépendance, Ali Nassor avait participé à la mise en place des institutions nationales en occupant successivement les fonctions de directeur général des douanes, secrétaire général du ministère des Finances puis premier directeur général de la première banque commerciale des Comores. Selon lui, il a contribué à la modernisation de l’administration financière et bancaire du pays. L’intervenant a également évoqué la relation qui s’était nouée entre Ali Nassor et l’actuel président Azali Assoumani, alors jeune officier de retour de sa formation militaire au Maroc.
En 2016, Ali Nassor avait choisi de briguer la magistrature suprême lors du retour de la présidence tournante à Ngazidja. Candidat indépendant, il défendait un projet fondé sur la réforme de la gouvernance et le développement économique. « Tout au long de sa carrière, il a su conjuguer exigence de gouvernance et vision économique au service de la Nation », a martelé Fayssoil Moussa.
Un homme de culture et d’engagement
Au-delà de ses responsabilités politiques et administratives, Ali Nassor a laissé une empreinte durable dans la vie associative et culturelle de Mitsamihuli. Son engagement en faveur de la jeunesse est notamment illustré par la pièce de théâtre Hakim Zaina sous le badamier, qui a marqué plusieurs générations dans sa ville natale. « Son héritage continuera d’éclairer les générations appelées à servir les Comores avec la même loyauté, la même compétence et le même amour de la patrie. Mitsamihuli perd un père, un grand frère et un repère », a déclaré Fayssoil Moussa.
Selon lui, le défunt fut également l’un des artisans du mouvement associatif local, notamment à travers la création et l’animation de La Fédération, une structure ayant contribué à l’organisation des activités sportives et culturelles de la ville.
De son côté, le grand notable et porte-parole de Mitsamihuli, Mouandhu Msaidie, a remercié le chef de l’État et son gouvernement pour l’organisation des honneurs funèbres militaires. Il a appelé la population à faire preuve de patience et de sérénité face à cette épreuve.
Avec la disparition d’Ali Nassor, les Comores perdent l’une des figures marquantes de leur histoire politique contemporaine. Homme d’État, acteur du développement institutionnel, militant associatif et auteur, il laisse derrière lui un héritage considérable. En 2025, il avait publié son ouvrage testamentaire, Entre tradition et tempêtes : une vie au service des Comores, dans lequel il livrait son regard sur les grandes étapes de l’histoire contemporaine de l’archipel.




