Depuis plusieurs semaines, les robinets sont désespérément secs au nord de Ngazidja. Alors que les mères de famille se voient contraintes d’emmener leurs enfants se baigner à la plage, un conflit financier entre la Sonede et le Gige paralyse la distribution. Les deux institutions se renvoient la balle.
Cela fait plusieurs semaines que la crise dure au nord de l’île de Ngazidja. Le groupement intercommunal de gestion de l’eau de Nyumamdro Kiblani Mitsamihuli (Gige) et la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) n’arrivent pas à assurer la production et la distribution du liquide précieux. Une situation qui pénalise les habitants bien que certaines se réservent d’exprimer leur mécontentement.
Mariamou Soilihi, mère de quatre enfants scolarisés, peinent à trouver de l’eau le matin pour eux. «Parfois je suis obligé de leur demander de prendre leur bain à la plage. Une façon de gérer le peu qu’un voisin nous octroie pour le repas. C’est agaçant de vivre ça alors que nous avons un robinet dans la cour. Nous réglons régulièrement nos factures. Imaginons un peu, la nécessité de l’eau pour les chasses d’eau aux toilettes», a râlé cette mère de famille. Comme elle, des milliers d’habitants paient le prix fort d’un bras de fer institutionnel.
Pourtant au nord, la Sonede est chargée d’assurer la production pendant que le Gige, l’entité locale, gère la distribution. Interrogé sur la crise d’eau qui sévit dans le nord actuellement, Mohamed Hassane Kapachiya, attaché de presse de la Sonede, a avancé que le problème de l’eau est d’ordre financier. «Certes, nous sommes dans une période durant laquelle le gasoil se fait parfois rare. Cependant, une facture de près de huit millions de francs comoriens n’est toujours pas honorée par le Gige. Comment voulait-on que la Sonede soit capable de produire», s’interroge le communicant.
De son côté, le Gige reconnaît plutôt une facture non payée de cinq millions de francs, cependant la moitié est déjà réglée. Selon lui, les difficultés de paiement sont dues à l’inefficacité de la production. «La production et le pompage sont inadaptés à la demande de nos clients. Les clients ont tendance à négliger le règlement des factures dans la mesure où l’eau n’est pas fournie à temps voulu. On nous vend de l’eau pour la revendre à un moment qui n’intéresse pas la grande clientèle. Ce sont les camions qui remplissent davantage les caisses. Sans eau le matin, les camions n’en bénéficient rien », a-t-il expliqué.
Réunion de dernière chance ?
Selon des sources concordantes, une réunion est prévue ce mercredi entre la Sonede, le Gige et le gouvernorat afin de trouver une solution efficace. Cette réunion tripartite prévue ce mercredi est considérée comme «la rencontre de la dernière chance». L’objectif est de trouver une solution d’urgence pour relancer les pompes.
A rappeler que le secteur de l’eau dans la region du nord de Ngazidja a déjà traversé une zone de fortes turbulences. Entre factures impayées et transition forcée vers une gestion étatique, la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) et le groupement intercommunal de gestion de l’eau (Gige) s’affrontaient, depuis 2022, sur fond d’une crise sur la gestion de ce service public de base.



