Installé hier à la tête des douanes comoriennes, Djaanfar Salim Allaoui promet une lutte implacable contre la corruption et une modernisation visant l’augmentation des recettes publiques nationales.
Le nouveau directeur général des douanes, Djaanfar Salim Allaoui, a officiellement pris ses fonctions hier lundi 2 février, lors d’une cérémonie organisée au siège de la direction générale. L’événement s’est déroulé en présence de membres du gouvernement, du gouverneur de Ngazidja, de représentants de la présidence, de députés, de directeurs généraux, de hauts cadres de l’administration et de nombreux agents.
Dans son discours d’investiture, le nouveau patron a affiché une volonté claire de transformer en profondeur l’institution douanière. Plaçant la lutte contre la corruption et le clientélisme au cœur de son action, il a tenu un langage ferme : «Ma porte sera ouverte à toutes celles et ceux qui veulent aider à bâtir une douane forte. En revanche, elle restera fermée à toute tentative de corruption, de clientélisme ou de compromission. Ma loyauté va à l’État et aux résultats que la Nation attend de nous ». Djaanfar Salim Allaoui a rappelé le rôle stratégique de la douane dans le fonctionnement de l’État, évoquant notamment la sécurisation du territoire, la régulation des échanges et la mobilisation des ressources publiques.
Il a également réaffirmé que son action s’inscrivait sur le Plan Comores Émergent (Pce) porté par le chef de l’État. Parmi ses priorités annoncées figurent «la réduction des délais moyens de dédouanement à 24 heures», contre 72 heures actuellement, « l’accroissement des recettes douanières sans augmentation des taxes », l’instauration d’une «tolérance zéro face à la corruption », la «formation» ou le «recyclage de chaque agent dans un domaine technique spécifique», « l’achèvement de la numérisation du système douanier » et «le renforcement du dialogue public-privé».
Conscient des nombreux défis à relever, le nouveau directeur général a cité «la fraude, la sous-facturation, les circuits informels, la lenteur des procédures et l’insuffisance de la modernisation». Selon lui, seule «une application rigoureuse de la loi, appuyée par une gouvernance exemplaire et l’utilisation intelligente des outils modernes, permettra d’y faire face». De son côté, le directeur général sortant, Ahmed Houmadi, a exprimé sa satisfaction après treize mois à la tête de l’institution. Il a souligné «les efforts consentis pour augmenter les recettes douanières» et s’est félicité d’un «rapport positif de la Cour des comptes».
Rappelons cependant que ce dernier a été suspendu de ses fonctions par le ministre des Finances en septembre dernier, à cause de «manquements professionnels», d’après l’arrêté ministériel actant sa suspension. Représentant le ministère des Finances, le secrétaire général Dhoihirdine Ahamada Bacar a rappelé que la nomination de Djaanfar Salim Allaoui est «l’aboutissement d’un processus de recrutement par concours conduit par le secrétariat général du gouvernement, en collaboration avec le ministère des Finances ». Une réforme qui, selon lui, « témoigne de la volonté des autorités d’attribuer les postes de responsabilité sur la base du mérite et de la compétence», tout en réaffirmant que «la lutte contre la fraude et la corruption demeure une priorité gouvernementale».
Inspecteur des douanes de formation, formé au Maroc et en France, Djaanfar Salim Allaoui a connu un parcours diversifié, qui a alterné responsabilités techniques et politiques. Éloigné de la sphère douanière depuis la fin des années 1990, il a notamment occupé des fonctions ministérielles et dirigé l’administration fiscale de Ndzuani avant de prendre aujourd’hui la direction des douanes comoriennesn




