Avec le début des soldes, Mutsamudu fait face à l’accumulation des déchets plastiques. Dans plusieurs quartiers de Mutsamudu, les sachets, emballages et bouteilles jonchent les rues et s’entassent aux abords des marchés et finissent sur le littoral. Boissons, vêtements, produits alimentaires et articles ménagers sont majoritairement conditionnés dans des matières plastiques.
Les déchets sont partout dans la ville, depuis le début du ramadan. Et à mesure que les jours avancent et que les soldes se poursuivent, la production de déchets plastiques continue d’augmenter. Sur le terrain, aucune mobilisation ni moyens ne semblent avoir été anticipés pour y faire face du côté des autorités notamment communales. À Mutsamudu, deux associations se sont toutefois mobilisées. D’un côté, l’association Afam concentre ses efforts sur le littoral, à Mjihari, avec des agents payés par la structure. De l’autre, une jeune association, «Urahafu wa Dayma», intervient au cœur de la Médina pour assurer des opérations ponctuelles de nettoyage.
Du côté de la mairie, l’on constate un manque de moyens matériels. L’un des deux camions dont dispose la commune est en panne depuis près de trois semaines. Interrogé sur cette situation, le responsable de la propreté à la mairie, Saindou Lejani, reconnaît les difficultés rencontrées.«Nous avons renforcé l’équipe de collecte, mais l’ampleur des déchets plastiques dépasse parfois nos capacités. Nous sommes organisés pour limiter les déchets dans la ville. Pour ce qui est des déchets ménagers de la Médina par exemple, il y a des points de collecte et des heures précises pour récupérer. Pour les déchets plastiques, nous avons des équipes de balayeurs en permanence qui nettoient. Dès 6 heures chaque matin, il y a déjà plus de déchets. La plus grande difficulté de la mairie dans la gestion des ordures, c’est le manque de véhicules. La deuxième voiture est en panne depuis près d’un mois», a-t-il expliqué.
Du côté des commerçants, l’abondance des sachets plastiques rend la réduction du plastique difficile. « Beaucoup de clients qui achètent nos produits demandent impérativement des sachets. Même si on a envie de limiter le plastique, sur le terrain, c’est très compliqué. Les sachets plastiques sont partout en vente. Nous ne pouvons pas dire qu’on n’a pas de sachets, sinon les clients vont ailleurs. Personnellement, à la fermeture, je dépose mes déchets au point de collecte, mais tout le monde ne le fait pas forcément », a réagi Ali Mohamed, commerçant au cœur de la médina.
Des initiatives
Justement, dans la médina, une nouvelle initiative a vu le jour il y a un mois. Une équipe de 10 personnes s’est lancée dans la sensibilisation et le nettoyage, «Urahafu Wa Dayma», tente d’imposer une nouvelle dynamique malgré des moyens limités. «Nous faisons du porte-à-porte pour sensibiliser et rappeler les règles d’hygiène que nous avons instaurées dans nos quartiers. Une équipe est en permanence sur le terrain pour veiller au respect de la propreté. Pour un début, c’est difficile, surtout pendant ce mois de Ramadan marqué par une forte augmentation des déchets plastiques. Nous manquons de moyens, mais nous travaillons avec les ressources disponibles pour maintenir la ville propre», a fait savoir, Said Omar Haykal Chakel. Avec les pluies et l’absence d’un dispositif de collecte rapide, les déchets plastiques terminent leur course dans l’océan.
C’est le constat posé par l’association Afam. «Pour la problématique des déchets pendant ce mois, nous sommes en communication avec la mairie et des associations partenaires. Nous avons des agents de nettoyage, notamment à Mjihari. L’augmentation des déchets plastiques pendant ce mois est une réalité, une situation qui nous préoccupe. Nous sommes davantage présents sur le littoral puisque tous les déchets finissent à la mer. Nous avons un partenariat avec une association locale, Naipenda, qui recycle les déchets plastiques», a fait savoir Gharnikat, membre de l’association Afam.



