À l’âge de 36 ans la journaliste Binti Mhadjou a marqué le monde des médias comoriens et étrangers par sa fidélité aux exigences du métier et ses principes pour l’équilibre de l’information. Sa mort a plongé les professionnels et responsables des médias dans un fort deuil.
Le directeur général l’Office de la radio et la télévision des Comores (Ortc) Assoumani Hablani, le président de la Cnpa, des Ulémas et amis de la presse ont tenu une cérémonie de recueillements en la mémoire de la journaliste Binti Mhadjou. La mémoire de la défunte, sa déférence, son professionnalisme, et son patriotisme ont été loués après la lecture du Saint Coran, guidé par le directeur général de l’agence nationale du hadj, El Fatih Fadhul Djamalilayl.
A l’occasion, le directeur général de l’Ortc, Hablani Assoumani a appelé les proches de l’ancienne journaliste et conseillère politique du ministre des affaires étrangères, à être fort surtout durant ces moments difficiles. «La mort de Binti Mhadjou a laissé la presse locale orpheline, en particulier l’Ortc», a exprimé Hablani Assoumani rassurant «qu’ici Binti a été au rang des notables par ses efforts pour l’encadrement de ses anciens collègues».
À en croire le directeur, le passage de Binti Mhadjou au ministère des Affaires étrangères était une suite logique aprés son parcours à l’Ortc et son appartenance à plusieurs institutions journalistiques du monde.
«L’ancienne rédactrice en chef s’est distinguée par son professionnalisme et sa franche collaboration avec les uns et les autres. Elle a été un modèle par sa modestie, son assiduité, sa culture générale et son attachement avec le métier», partage-t-il. Le président du Syndicat des journalistes comoriens, Ahmed Bacar, a reconnu que la disparition de Binti a fortement marqué le syndicat des journalistes.
«Un prix Binti Mhadjou»
S’inspirant du prix Saminiya (ancienne journaliste et rédactrice en chef à Al-watwan morte en mai 2017) qui honore ceux qui ont marqué l’année sur la protection du genre, le syndicaliste a sollicité la création du «Prix Binti Mhadjou» pour honorer le meilleur journaliste de l’année. Ahmed Bacar a également sollicité la réalisation d’un documentaire, digne du nom, qui retracerait le parcours professionnel de Binti et d’autres professionnels des médias locaux décédés afin de «perpétuer leurs mémoires et rappeler leurs réalisations ».
«Les conseils et orientations méthodiques de Binti, nous guident sur nos activités professionnelles quotidiennes et surtout sur la recherche et le traitement de l’information», a rappelé Badriya Said Omar, journaliste à l’Ortc et collègue de la défunte. Se référant du Coran et des récits du prophète, le prédicateur Dr Nourdine Mohamed Basha a rappelé les différentes qualités de la défunte.
«Elle défendait les valeurs de la tradition comorienne tant sur son mode d’habillement et son comportement ce qui reflétaient son amour à la culture locale et à la religion musulmane», a-t-il expliqué. Dimanche 8 mars (9eme jour), une autre cérémonie de recueillements a été oprganisée à la grande mosquée de Herumbli ya Hamahame, ville originaire de la regretté.
Des journalistes des différents coins des îles Comores ont pris part à cette seance religieuse. Le prédicateur et chef du département arabe d’Al-watwan, Cheha Ali Hamadi s’était attardé sur le respect qu’avait Binti. Elle a appelé ainsi les autres journalistes à prendre conscience de la réalité en multipliant les actes de bonté et de dévotion et en se rapprochant encore davantage de Dieu.


