L’ancien préfet de Mitsamihuli, Djambaé Achirafi, décédé le 31 décembre, a été inhumé le lendemain à Mitsamihuli en présence d’une foule importante, composée de notables, de cadres, d’autorités, d’agents de la police et amis du défunt. Le haut fonctionnaire est reconnu pour « le rôle indispensable » joué avant et après l’indépendance dans la politique de réorganisation de la police nationale. Djambaé Achirafi a été l’un des grands serviteurs de l’institution pendant plus de trente ans de 1972 à 2004. « Il a beaucoup fait pour la police. Il a initié de nombreux programmes de formation au profit de nombreux cadres de la police », a souligné le directeur général de la police et de la sûreté nationale, Nassif Kaissane.
Un homme de rigueur
Les hommages ont été nombreux à l’annonce de son décès. Les uns pour saluer la mémoire d’un homme de rigueur, doté du sens du professionnalisme, et les autres pour souligner son action à la tête des services de la police et de la sûreté. « Il avait le sens du perfectionnement, à la fois souple et rigoureux. Il ne tolérait pas le moindre écart mais savait comment allier sagesse et rigueur », a souligné Mohamed Abderemane Boina Foumou (Mab El-Had), gendarme à la retraite.
De son côté, Abdallah Ali Mdahoma, ancien fonctionnaire, se rappelle d’un «pilier et digne serviteur » du corps de la police qui a été à l’origine des programmes de formation et de stages d’encadrement au profit de fonctionnaires de police, citant, parmi eux, l’ancien directeur général Abou Achiraf. « Il a aidé à la formation de nombreuses générations de policiers. Il était un bon enquêteur. Un Très respecté pour son professionnalisme et sa grande rigueur», a souligné le policier à la retraite.
Formé à Madagascar à l’école polytechnique de Ntsibazaza à Madagascar au milieu des années 1960, Djambaé Achirafi rentre dans son pays au début des années 70. Face au manque de personnel dans de nombreux services de base, il va entamer sa carrière, d’abord, au Parquet de la République en tant que secrétaire sténographe avant d’être détaché ensuite à la Direction générale de la sûreté nationale, dirigée à l’époque par Georges Delperier, le dernier français à occuper ce poste avant la proclamation de l’indépendance en 1975. Les bureaux étaient situés à l’actuelle direction générale des impôts.
Il sera recruté par voie de concours au commissariat central de police, officier de police adjoint (Opa) et sera spécialisé dans les enquêtes judiciaires avant de se voir confier le département des investigations des enquêtes judiciaires et des crimes. Les services étaient logés à Moroni Badjanani (actuel siège de la mairie). Il bénéficiera ensuite d’une formation à l’école de police de Paris avec d’autres collègues dont Abdou Soilihi et l’ancien procureur général Abderemane Hilali.
Djambaé Achirafi se verra confier le département du «Fichier central » et de «la Notice individuelle », chargé du travail de collecte, d’identification et de profilage des personnes poursuivies pour des faits graves. Il sera nommé directeur général de la sûreté nationale et participera à la mise en place de la première unité comorienne des RG (Renseignements généraux). Il sera succédé par le commissaire divisionnaire Dalbi puis par Saïd Mchangama avant de prendre définitivement sa retraite au début des années 2000. Il deviendra préfet de Mitsamihuli-Mbudé en 2015 avant de se retirer définitivement de la vie publique en 2019.



