Le décès de Hadji Mmadi Ali a plongé la région de Bambao dans une grande tristesse. Après près de 40 ans de carrière dans l’armée française, il était revenu aux Comores où il s’est illustré par son patriotisme et son engagement dans la vie sociale et politique locale. Ancien maire de la commune de Bambao Yadjuu, il est décédé jeudi 20 janvier, et a été inhumé le lendemain à Mvuni ya Bambao. La prière mortuaire a été dirigée par le président Azali Assoumani.De nombreuses personnalités ont assisté aux obsèques, notamment des représentants de l’ambassade de France, des membres de l’Association des anciens combattants français en Union des Comores (Aacfuc), des élus et des notables. Un hommage militaire lui a été rendu, marqué par la remise du drapeau français à sa famille.
Sandi Ahmada Mmadi, orateur de Mvuni, a salué la mémoire d’ «un homme polyvalent, serviteur de sa communauté et figure respectée». Chakira Maliki, cadre de la région d’Itsandra, a mentionné «son engagement auprès de la jeunesse» et «son soutien aux activités éducatives et associatives». Son cousin, Mohamed Ibada, a rappelé «ses contributions financières et techniques aux projets communautaires», ainsi que «son rôle de président des anciens combattants de la région de Bretagne en France». Il a également évoqué «son implication dans la construction de mosquées à Mayotte et au Mali», ainsi que «sa participation à plusieurs opérations militaires dans des pays comme la Somalie, le Mali, le Qatar et le Tchad ».Le colonel Ismael Mouigni Daho a témoigné «du sens du dialogue et de la rigueur» de Hadji Mmadi Ali, et affirmé qu’il était « un homme de parole et de solutions ». Âgé de 59 ans, il était un membre actif de l’Association des anciens combattants français de l’Union des Comores (Aacfuc), dont les membres ont qualifié sa disparition de «perte immense».
«Un homme de parole et de solutions»
Prince Said Houssein Abdillah a comparé leur fraternité à «une table ayant perdu un de ses piliers », et rappelé «la disponibilité et la générosité du défunt envers ses compagnons d’armes ».Hadji Mmadi Ali a été maire de la commune de Bambao Yadjuu de 2011 à 2016, nommé par l’ancien gouverneur Mouigni Baraka Said Soilihi. Après son mandat, il s’est consacré à la modernisation de Mvuni. Père de huit enfants, il laisse une veuve et quatre enfants encore à charge, dont le plus jeune a six ans.
Avant de partir pour la France à la fin des années 1980, il a fait ses études primaires à Mkazi, secondaires au lycée de Moroni et a suivi une formation coranique chez son oncle maternel, Fundi Mmadi Hamadi. Son décès marque la fin d’un parcours exemplaire au service de sa communauté et de son pays.