Le ministre premier, assurant l’intérim du chef de l’Etat, Dr Aboubacar Said Anli, a rappelé la personnalité du défunt avant de présenter les condoléances de la Nation aux familles éplorées.

 

Les obsèques de l’ancien ministre de la Justice, Anfani Ahamada Bacar, ont eu lieu vendredi 27 mars à Miringoni à Mwali. Les funérailles se sont déroulées en présence d’une foule venue des quatre coins du pays, notamment des enseignants, des autorités politiques et militaires. 
On notera la présence du ministre premier qui assure l’intérim du chef de l’Etat en mission à l’extérieur, Aboubacar Said Anli, du président de l’Assemblée nationale, Moustardroine Abdou, du secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, du directeur du cabinet du chef de l’Etat, Youssoufa Mohamed Ali, le gouverneur de Ngazidja, Mze Mohamed Ibrahim, des anciens gouverneurs de Mwali, Mohamed Saïd Fazul et Mohamed Ali Saïd, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, entre autres. La cérémonie funéraire s’est déroulée à côté de la mosquée de vendredi avec les honneurs militaires. A l’occasion, le drapeau national a été remis à la fille du regretté pour « les bons et loyaux services rendus à la Nation » par le défunt. Des témoignages poignants ont été faits en marge de la cérémonie, suscitant une vive émotion.

Une pluie d’hommages

L’annonce du décès de l’ancien ministre a suscité une pluie d’hommages sur les réseaux sociaux. La terrible nouvelle a bouleversé ses proches, ses collaborateurs ainsi que l’ensemble de la classe politique comorienne. « Anfani Ahamada Bacar fut un patriote, un homme de rigueur, un père de famille très calme et un ami respectueux », a affirmé le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, au cours de son discours, très ému. 
Le secrétaire général de la Crc, Youssoufa Mohamed Ali, a fait part de sa tristesse en apprenant le décès à l’aube. « Nous avons perdu l’un de nos meilleurs soldats. C’est un militant fidèle», a-t-il déclaré. Idem pour le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, qui a tenu, lui aussi, à exprimer sa douleur en rappelant « l’engagement et les qualités humaines » du défunt. « Il était un homme de conviction, de fidélité et de générosité, un compagnon de route respecté, apprécié pour sa simplicité, sa loyauté et son attachement sincère au service de son pays », a-t-il témoigné. 
De nombreux anciens et nouveaux députés ont salué la mémoire d’un homme «humble et courtois». De nombreuses personnalités ont exprimé leurs peines. « Au-delà de ses fonctions officielles, cette disparition revêt d’une dimension particulièrement douloureuse. J’ai perdu un ami proche, un frère de cœur avec qui on avait partagé de longues années d’études à Madagascar. Une complicité forgée dans la jeunesse et restée intacte au fil du temps », a réagi Mouayadi Salim Boinaïd, enseignant de sciences naturelles et ami du regretté. 


Pour sa part, Ezaldine Attoumane, ancien enseignant de français au lycée de Fomboni, mais résident actuellement en France, s’est dit profondément touché. «Les opinions politiques opposées ne doivent jamais nous faire oublier notre humanité. Il a été à un moment mon collègue au lycée de Fomboni. Nous avions de très bonnes relations professionnelles avec des interactions enrichissantes sur les méthodes pédagogiques et la progression des élèves. Je m’en souviens ... Qu’Allah agrée mon défunt collègue dans son immense paradis», a-t-il prié. Anfani Bacar est né le 25 septembre 1969 à Miringoni, à Mwali. Après son baccalauréat obtenu en 1991 au lycée de Fomboni, il se rendra à Madagascar, pour poursuivre ses études universitaires en Histoire-géographie, notamment à l’université d’Ankatso, à Antananarivo, puis à Tulear. À son retour aux Comores avec un diplôme de Dea, le regretté a enseigné au lycée de Fomboni pendant quelques années avant d’occuper de hautes fonctions à la direction générale du plan. 


Son engagement politique au sein de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) l’avait ensuite conduit à l’Assemblée nationale, après son élection   en tant que député de la région de Mledjele, durant la législature 2020-2025. Il sera vice-président durant toute la période de la législature. En avril 2025, il est nommé ministre de la Justice, avec un portefeuille élargi aux Affaires islamiques et à la Fonction publique, en remplacement de Said Omar Houmadi. « Il s’était alors fixé pour ambition de moderniser l’appareil judiciaire, de renforcer l’État de droit et de promouvoir une gouvernance plus transparente », s’est rappelé un ami proche.

Après onze mois de travail, Anfani Ahamada Bacar sera remplacé par le magistrat Mohamed Nourouddine Afraitane lors du dernier remaniement procédé en février dernier. Cadre de premier plan de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) sur l’île de Mwali, le défunt a été un acteur clé des dernières campagnes électorales. Récemment, le 2 mars 2026, il avait été nommé chef de pôle « Transports » au secrétariat général du gouvernement en remplacement de Hachim Ramiara.Pour rappel, l’ancien ministre est décédé à l’hôpital El-Maarouf la nuit du jeudi 26 mars. Il laisse derrière lui une femme et quatre enfants. Avec sa disparition, les Comores perdent un serviteur de l’État, un homme de conviction et de responsabilité.