Des ulémas et des personnalités politiques ont assisté au traditionnel hitma dans une atmosphère mêlant recueillement et reconnaissance envers le défunt, considéré comme l’un des piliers du travail de conception et de réorganisation des institutions religieuses du pays.
Une prière, suivie d’invocations, en faveur du cheikh Mohamed Salim Mohamed a été organisée, dimanche 6 septembre à Malé en présence de nombreuses autorités religieuses et politiques dont le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, accompagné du docteur Yasser Azali Assoumani, venus partager le deuil ayant frappé le muftorat, la communauté religieuse du pays, la ville de Malé et la région de Mbadjini.
Après le hitma (lecture intégrale du coran), les participants ont assisté à un prêche du docteur Abdouraouf Mohamed, compagnon de longue date du défunt. L’ancien consul des Comores à Sharjah a brossé le parcours du cheikh Mohamed Salim Mohamed, mis en lumière ses bienfaits et souligné «les efforts déployés de son vivant pour promouvoir les valeurs de l’islam» dans le pays. «Il était partout avec les grands érudits et les oulémas de ce pays, à commencer par le mufti Said Mohamed Abdourahamane avant de devenir un des fils spirituels, et un compagnon fidèle du mufti Said Toihir Ben Said Ahmed Maoulana», a-t-il souligné.
Les qualités humaines du défunt
M. Abdouraouf a loué les qualités humaines du cheikh Mohamed Salim Mohamed avant de revenir sur les reformes entreprises au muftorat et le travail de coordination engagée à la Direction générale des Affaires islamiques visant à mettre de l’ordre dans les milieux religieux du pays. Il citera notamment le travail ayant abouti à la mise en place d’un statut des cadis et des imams du pays. «Nous devons suivre les pas du défunt et faire en sorte à ce que ses idées soient suivies d’effet. Et nous en avons besoin aujourd’hui, au vu de ce que nous assistons dans nos bangwe, pour promouvoir l’ordre et la discipline dans nos mosquées et nos espaces où nous prêchons la religion», a poursuivi l’ouléma.
De son côté, l’ancien ministre des Finances et ancien président de la Cour des comptes, Ali Boina Mzé, aujourd’hui député, est revenu également sur le parcours du cheikh Mohamed Salim Mohamed, soulignant «la place irremplaçable» dont il a occupé ces deux dernières décennies dans la ville et le vide immense laissé par sa disparition. «Fundi Mohamed Salim n’a rien d’égal dans notre communauté, il faudra beaucoup de temps pour avoir une personnalité à la hauteur de sa carrure car il avait les connaissances mais aussi l’autorité, la personnalité et surtout la finesse pour ramener tout le monde à la raison et à la responsabilité en cas de conflit ou de malentendus de quelque nature que ce soit », a-t-il souligné, rappelant que «la foule immense mobilisée le jour de son enterrement résume à elle seule l’image du cheikh Mohamed Salim».
L’ancien secrétaire général et conseiller du muftorat, ancien comptable principal du gouvernorat de Ngazidja, est décédé mardi 1er septembre au Caire en Egypte où il séjournait pour y subir des soins. Les obsèques et l’enterrement ont eu lieu vendredi 4 septembre. Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, ami de trente ans du défunt, a dirigé la prière mortuaire à la grande mosquée de la localité en présence d’une foule importante composée de presque toutes les couches sociales du pays.




