L’officier supérieur de l’Armée nationale de développement (And), décédé dans la matinée d’hier, a été élevé, à titre posthume, au rang de Chevalier de l’Ordre du Croissant vert des Comores au cours d’une cérémonie empreinte de solennités et pendant laquelle les orateurs ont mis en avant le parcours du défunt, son attachement aux valeurs de l’institution militaire, et surtout son rôle joué dans le développement et la modernisation du pôle santé de l’armée.

 

Un hommage militaire a été rendu hier lundi 28 septembre à Hahaya au colonel Naoufal Boina Adam, en présence du chef de l’Etat, Azali Assoumani, du président de l’Assemblée de l’Union, Moustadroine Abdou, du président de la Cour suprême, Cheikh Salim Said Athoumane, du mufti de la République, Aboubacar Abdillah Djamalilaili, du ministre premier, Dr Aboubacar Said Anli, du secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, du directeur de cabinet du chef de l’Etat, chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, des membres du gouvernement, de nombreuses autorités civiles et militaires, de notables et une foule d’anonymes.


À l’annonce de son décès hier à l’âge de 65 ans, des hommages ont été rendus à ce haut gradé qui a consacré presque toute sa vie à l’institution militaire et au pôle santé de l’armée. L’officier supérieur de l’And a ainsi eu droit à presque tous les honneurs militaires au cours d’une cérémonie empreintes de solennités. Le public assistera ainsi à des funérailles militaires marquées notamment par la traditionnelle sonnerie aux morts, cinq coups de canons et une remise du drapeau national à sa famille en signe de reconnaissance des bons et loyaux services rendus par le défunt à la Nation. 


Le ministre des Télécommunications a, au nom des familles, remercié les plus hautes autorités, les militaires et l’assistance pour la compassion manifestée envers le défunt. Revenant sur la particularité du Colonel Naoufal Boina Adam, le ministre Oumouri Mmadi Hassani a salué «un homme d’empreintes», faisant ainsi allusion aux traces laissées par le défunt lorsqu’il était de passage au Centre hospitalier national (Chn El-Maarouf) entre 2004 et 2006 et à la tête du Service de santé militaire (Ssm) de 2016 à nos jours.


Dans son oraison funèbre, le Colonel Soilihi Abdallah Rafick, parle « d’un homme exceptionnel », rappelant ainsi un parcours symbolisé par le désir de servir. « Directeur du service de santé militaire, médecin, officier, colonel, camarade, ami et petit-fils du grand mufti Said Mohamed Abderemane», a d’abord énuméré l’officier qui a rappelé son intégration au sein de l’armée en 1996 et le parcours du défunt : des études primaires et secondaires aux formations universitaires en Côte d’Ivoire en passant par son inscription à l’Université des Comores pour valider une licence d’Histoire. 

Un parcours symbolisé par le désir de servir

Une ambition qui lui a permis de porter le projet de création du musée de l’armée. «Tu as servi, tu as soigné, tu as sauvé. Cher Naoufal, Merci pour ton amitié», a-t-il ajouté.
Le Colonel Soilihi Abdallah Rafick a souligné l’attachement de Naoufal Boina Adam à ses fonctions et aux nobles valeurs militaires. «Ceux qui l’ont connus se souviendront de son caractère, de sa présence, de sa manière de parler, de ses convictions et de sa personnalité qui ne laissaient personne indifférente. Mais derrière l’uniforme, et les responsabilités, il y avait surtout un homme profondément attaché aux autres », a souligné l’officier.

« Devant la mort nous devons aussi nous rappeler que la vie d’un homme ne s’arrête pas après son dernier souffle, elle continue dans les traces qu’il laisse… et continuera dans les valeurs qui nous transforment aujourd’hui, entre autres, le sens du devoir, le courage, la loyauté, la fraternité et le respect de la loi». De son côté, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, chargé de la Défense parle «d’un des grands militaires disciplinés» qui a porté, « avec engagement et détermination », le projet de transformation et de modernisation du Service de santé militaire (Ssm).

 Youssoufa Mohamed Ali parle « d’une perte immense pour l’armée comorienne » avant de faire le point sur les résultats des actions engagées par le colonel Naoufal Boina Adam à la tête du pôle santé de l’armée nationale de développement. «À notre arrivée aux commandes en 2016, il n’y avait que deux médecins au Service de santé militaire. Aujourd’hui, nous comptons 9 médecins, 6 spécialistes, 5 dentistes et 4 pharmaciens.

 Nous attendons l’arrivée prochaine de 6 autres spécialistes et un nutritionniste. Il y avait 15 infirmiers en 2016, nous comptons aujourd’hui 93 infirmiers et sages-femmes. Il y avait 6 mille consultations, nous en comptons 45 mille consultations, tout cela grâce à Naoufal », a souligné Youssoufa Mohamed Ali qui a rappelé la contribution apportée par le défunt dans le projet de construction des hôpitaux militaires à Ndzuani et sur l’ile de Mwali.Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, avant de diriger la prière mortuaire, a élevé, à titre posthume, le colonel Naoufal Boina au rang de Chevalier de l’Ordre du Croissant verts des Comores. Le défunt laisse derrière lui cinq enfants.