Ancien chef d’escadron de la gendarmerie nationale et ex-commandant de la Force comorienne de défense, Issoufa Ali M’Madi Moiha est décédé à 91 ans. Mwali salue le parcours d’un serviteur exemplaire.
Mwali est en deuil. Issoufa Ali M’Madi Moiha, ancien chef d’escadron de la gendarmerie nationale et ex-commandant de la cinquième compagnie de la Force comorienne de défense, s’est éteint le jeudi 23 juillet dernier à Wanani à l’âge de 91 ans. Né en 1935 à Wanani, le défunt a effectué ses études primaires à Fomboni avant d’embrasser la carrière militaire à Madagascar, alors sous administration française.
Après l’accession de la Grande Île à l’indépendance, il est affecté successivement à Mayotte puis à Ndzuani, où il poursuit son service au sein de la gendarmerie française jusqu’à l’accession des Comores à l’indépendance. Durant le régime d’Ali Soilihi, Issoufa Ali M’Madi Moiha est nommé procureur de la République. Selon son beau-frère, Abdou Djabir, cette nomination s’expliquait par les connaissances juridiques qu’il avait acquises au cours de sa carrière militaire au sein de l’armée française.
Il participe à la mise en place des forces de défense nationales sous la présidence de feu Mohamed Abdallah. En 1978, il est nommé commandant de la cinquième compagnie de la Force comorienne de défense à Mwali. Sa carrière se poursuit au plus haut niveau avec sa nomination à la tête de la gendarmerie nationale entre 1990 et 1992. Avant son départ à la retraite en 1994, il occupe les fonctions d’aide de camp du président Saïd Mohamed Djohar.
À l’annonce de son décès, le président de la République, Azali Assoumani, a adressé ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à la gendarmerie nationale ainsi qu’à l’ensemble des personnes affectées par cette disparition. Les obsèques se sont déroulées à Wanani en présence de représentants de l’Armée nationale de développement, d’autorités civiles et militaires ainsi que d’une importante foule venue des différentes localités de Mwali. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le président de l’Assemblée nationale et le ministre de l’Énergie.
Au-delà de sa carrière militaire, le défunt est également salué pour son engagement au service du développement local. «Après sa retraite, il s’est beaucoup investi dans des projets communautaires, notamment dans l’aménagement des routes et des ruelles du quartier Mouzdalifa à Fomboni. C’est un modèle à suivre pour les générations actuelles et futures», a témoigné le grand cadi de l’île de Mwali.Issoufa Ali M’Madi Moiha laisse derrière lui une nombreuse famille composée d’enfants, de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants. Avec sa disparition, les Comores perdent l’un des témoins et bâtisseurs de leurs premières institutions de défense et de sécurité.


