Le cinquième recensement général de la population et de l’habitat est lancé. Cette opération stratégique vise à produire des données fiables pour orienter la planification et le développement national.
Le cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph-5) a été officiellement lancé le vendredi 5 juin à l’hôtel Itsandra, en présence de membres du gouvernement, du directeur général de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (Inseed), du représentant du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), de diplomates et de partenaires techniques et financiers.
Évaluée à environ 1,82 milliard de francs comoriens, l’opération est financée à 60 % par la Banque mondiale, à près de 14 % par l’Unfpa et à 10 % par l’État comorien, tandis qu’un déficit de 16 % reste à combler. Conduit tous les dix ans, le recensement vise à fournir des données fiables sur la population, sa répartition, ses caractéristiques socio-économiques et les conditions d’habitat. Piloté par l’Inseed, le Rgph-5 se déroulera en plusieurs phases : préparation, sensibilisation, dénombrement, traitement des données et diffusion des résultats. Cette édition se distingue par l’intégration des technologies de l’information et des outils géospatiaux pour la cartographie et la collecte des données.
Procédant au lancement officiel, le ministre des Finances, Moussa Abdérémane, a rappelé l’importance du recensement dans la planification des politiques publiques. «Ce recensement constitue une opération de grande envergure. Il n’est pas une simple opération technique mais un outil de vérité, une boussole pour l’action publique», a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’apport des innovations technologiques. «La particularité de ce recensement est que l’outil qui sera utilisé est la nouvelle technologie de l’information et de la communication, ainsi que les technologies géospatiales pour la collecte des données, tant pour la cartographie censitaire que pour le dénombrement de la population», a-t-il expliqué.
Le ministre a également souligné que « le recensement est un outil essentiel pour une planification efficace des politiques publiques », permettant d’orienter les investissements dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’emploi, l’habitat, l’énergie et le transport.
Un outil stratégique
Réaffirmant l’engagement du gouvernement malgré les contraintes financières, il a lancé cet appel à la mobilisation des administrations publiques : «Malgré le gap qui reste à combler, nous continuerons à œuvrer pour la réussite de cet exercice. Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour assurer pleinement son succès», a-t-il assuré. Le directeur général de l’Inseed, Mohamed Ali, a rappelé les enjeux de l’opération : «Combien sommes-nous ? Où vivons-nous ? Quelles sont nos conditions de vie ?». Selon lui, «les données collectées permettront aux décideurs de mieux orienter les politiques publiques et les investissements». Il a précisé que les informations seront traitées «dans le strict respect du secret statistique», avant d’appeler la population et les résidents étrangers à «collaborer pleinement avec les agents recenseurs».
Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies aux Comores, Tsok James Bot, a salué l’engagement des autorités et rappelé l’importance stratégique du recensement. «Le recensement est l’outil le plus puissant dont dispose un pays pour corriger les inégalités, mesurer les progrès et faire un bond vers l’avenir», a-t-il affirmé. Il a ajouté que «sans données actualisées, il est difficile de planifier efficacement les infrastructures scolaires et sanitaires, ou encore de répondre aux défis liés au changement climatique et à la croissance démographique». I
l a également mis en avant la digitalisation du processus, notamment l’utilisation de tablettes pour améliorer la fiabilité et la rapidité des données. Enfin, il a appelé à une forte implication communautaire : leaders religieux, associations de jeunes et de femmes, afin de garantir la réussite de l’opération. Les autorités ont appelé à une mobilisation collective autour du Rgph-5, considéré comme un outil clé pour la mise en œuvre du Plan Comores émergent et des politiques publiques des prochaines années.Prévu pour 2027, ce recensement constitue « une étape essentielle» pour disposer de données fiables, indispensables à une meilleure gouvernance et à une répartition plus équitable des ressources publiques.





