À Hadawa, dans la région de Mitsamihuli, les habitants s’engagent activement dans le développement de leur localité. Parmi les projets en cours figure le bétonnage des routes, financé à hauteur de 73,5 millions de francs comoriens.

 

Situé au nord de Ngazidja, à moins de 1000 mètres de Mitsamihuli, chef-lieu de la région, le village de Hadawa a lancé plusieurs initiatives de développement communautaire. Parmi celles-ci, le bétonnage des routes qui représente un projet majeur, avec un budget global de 73,5 millions de francs. C’est ce qu’a déclaré le président du Comité des jeunes pour le développement de Hadawa (Cjdh), Tadjidine Soilihi, dans un entretien accordé à Al-watwan, samedi dernier, en marge des travaux de la dernière portion de la route.


Dans une ambiance chaleureuse, malgré une pluie battante, les jeunes de Hadawa, accompagnés de ceux de Membwambwani, ont procédé à la réalisation de la dernière partie des travaux de la route qui relie la route nationale, le samedi 28 mars. Les notables se sont également mobilisés pour observer et soutenir les jeunes, tandis que les femmes assuraient la préparation des repas et contribuaient à maintenir la motivation des travailleurs.

800 mètres pour un budget de 73,5 millions

Tadjidine Soilihi a également précisé, lors de notre entretien, que ce projet constitue l’une des priorités de son bureau élu en juin 2024 pour un mandat de deux ans. «La construction de cette route est le principal projet de notre bureau. À l’approche de la fin de notre mandat, en juin prochain, nous procéderons au bilan et à l’élection de nouveaux membres», a-t-il indiqué.


Donnant plus de détails, le président Tadjidine Soilihi a expliqué que le tronçon concerné s’étend de Membwambwani jusqu’à la place publique (Foyer) de Hadawa, sur une longueur de 800 mètres et une largeur de 5,5 mètres, avec des trottoirs et des canaux d’évacuation des eaux. Le budget total est réparti en deux phases. 23,5 millions de francs pour la première partie, du carrefour de Hadawa jusqu’à la place publique (foyer), et 50 millions de francs pour le tronçon reliant le carrefour à la route nationale de Membwambwani.

 Les trottoirs mesurent 90 cm de chaque côté. La première phase des travaux a été confiée à une entreprise locale pour un montant de 23,5 millions de francs, tandis que la seconde phase, qui commence au carrefour jusqu’ à la route nationale est réalisée par les jeunes du village eux-mêmes.
Au-delà de ce projet routier, le président du Cjdh a évoqué d’autres initiatives, notamment l’éclairage public à énergie solaire, la finition du foyer, la construction d’un stade, l’achat d’un camion citerne ainsi que l’exploitation et la distribution d’eau potable.

«Une fois les travaux de la route terminés, nous installerons des lampadaires solaires. Nous avons déjà négocié avec l’entreprise  Mestou Box Énergie et obtenu un devis de 5 millions de francs, avec une garantie d’un an», a-t-il fait savoir. Tadjidine Soilihi a saisi l’occasion pour saluer l’engagement des jeunes, des notables et des femmes, tout en mettant en avant le rôle déterminant de la diaspora. «Si nous parvenons à réaliser ces activités, c’est grâce au soutien indéfectible de la notabilité, des femmes et surtout de la diaspora.

 Nous travaillons en collaboration transparente avec eux et Dieu merci, ils nous font confiance et nous soutiennent», a-t-il affirmé. Avant d’annoncer son ambition de finaliser les travaux de finition du foyer, estimés à 7 millions de francs, d’ici la fin de son mandat en juin prochain. Au total, les projets en cours du Cjdh représentent un budget de plus de 85 millions de francs comoriens.

«A la dernière phase du projet»

Concernant les sources de financement, il a indiqué qu’elles proviennent notamment des contributions de la notabilité, à travers les taxes liées aux mariages traditionnels, de la diaspora, des revenus générés par la vente d’eau via un camion-citerne, ainsi que des actions de mobilisation de fonds organisées par les jeunes du village. «Nous organisons des mobilisations de fonds par des votes des jeunes. Celles-ci nous permettent de mobiliser des fonds comme nous l’avons fait avec la diaspora. Ici nous allons commencer les votes le 11 avril prochain», a-t-il expliqué.


De son côté, le chargé de communication du Cjdh, Idrisse Papa Mohamed, a apporté des précisions sur l’avancement des travaux. «Nous sommes actuellement à la dernière phase du projet, même s’il reste les trottoirs à finaliser. Ce projet est entièrement financé par la communauté, sans aucune aide extérieure. Les travaux ont commencé il y a six mois, et nous avons travaillé sans relâche, y compris pendant le mois de Ramadan.

 Il y a des soirs que nous avons travaillé après la prière de Tarawih jusqu’à 4 heures du matin. Cela montre à quel point les jeunes sont mobilisés pour le développement de notre localité, s’est-il réjoui, précisant que l’idée de se regrouper en comité vient des jeunes qui trouvaient qu’il y a beaucoup de projets à réaliser et que personne ne viendrait développer leur village à leur place.