Amélioration de la fourniture du courant électrique, hausse des recettes de l’entreprise, baisse des coûts d’exploitation grâce au déploiement progressif de l’énergie solaire et à la réduction des pertes financières, la Société nationale de l’électricité des Comores (Sonelec) imprime une nouvelle trajectoire et projette une modernisation complète de son réseau en 2027 pour renforcer ses capacités de production de l’électricité.
Une conférence de presse a été organisée, ce lundi 19 octobre, à la centrale solaire de Domwambwani par le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, le ministre premier, chargé de l’Énergie, Aboubacar Saïd Anli, et le directeur général de la Société nationale de l’électricité aux Comores (Sonelec), Soilahouddine Moumini. Une rencontre qui a permis aux principaux conférenciers de présenter «le bilan de vingt mois d’activité, de février 2025 à octobre 2026 », ainsi que les perspectives de l’entreprise pour les prochaines années. Fourniture et stabilisation de l’énergie, réorganisation des services de la société, construction des centrales solaires, performances financières et investissements étaient au cœur des échanges.
Prenant la parole en premier, le secrétaire général du gouvernement, a présenté l’évolution de la fourniture d’électricité dans le pays, expliquant qu’à Ngazidja, «la durée moyenne d’alimentation est passée de 18 heures et 42 minutes en 2025 à vingt heures par jour en 2026 ». À Ndzuwani, elle a progressé de 16 heures et 48 minutes en avril à 18 heures et 19 minutes en septembre. Mwali conserve, quant à elle, une alimentation continue, 24 heures sur 24h.
Nour El Fath Azali a ajouté que la fourniture durant la soirée atteint désormais quatre heures et 56 minutes sur cinq, Ngazidja, contre quatre heures et 18 minutes en 2025. Il a néanmoins indiqué la persistance de «certaines difficultés dans certaines zones», notamment à Bambao et Domoni, où la moyenne reste de dix-sept heures par jour.
La Sonelec doit également poursuivre les travaux sur le réseau pour réduire les interruptions. Enfin, il a mentionné «le troisième trimestre de 2026 qui n’a enregistré que 500 déclenchements, contre 772 à la même période en 2025, soit une baisse de 35 % ». De son côté, le ministre premier, chargé de l’Énergie, Aboubacar Saïd Anli, a évoqué les perspectives de production ainsi que la transition énergétique. Il explique que la production annuelle devrait atteindre 126,5 gigawattheures en 2026, contre 110 gigawattheures en 2025, soit une hausse attendue de 15 % avec une part du solaire dans la production électrique, qui est passée de 9,6 % en 2024 à 17,9 % en 2025, puis à 19,6 % en 2026.
Pour lui, cette progression doit contribuer à réduire la dépendance au gasoil et améliorer ainsi la disponibilité de l’électricité. Et d’ajouter que pour accompagner cette évolution, un programme d’investissements techniques d’environ 33 milliards de francs comoriens est prévu entre 2027 et 2029. Selon lui, il comprend notamment le renouvellement des groupes électrogènes, la réhabilitation des infrastructures et le renforcement du réseau et que le projet prévoit des travaux sur les lignes de distribution, mais également l’installation de nouvelles sous-stations pour améliorer la desserte de plusieurs secteurs, dont des infrastructures sensibles.
Vingt-trois heures d’électricité par jour en 2027
Le directeur général de la Sonelec, Soilahouddine Moumini, a, quant à lui, présenté les résultats financiers de l’entreprise. Selon lui, à Ngazidja, «l’activité électrique est passée d’une perte mensuelle d’environ 250 millions de francs comoriens en 2024 à une perte de 22 millions en 2025», avant d’enregistrer «un résultat positif de 100 millions au deuxième trimestre 2026 » avec des ventes qui ont atteint les 15,2 milliards de francs en 2025, en hausse de 7 % par rapport à l’année précédente : «les dépenses de carburant ont parallèlement diminué de 2,2 milliards de francs, soit une baisse de 22 % », a-t-il affirmé.
Le directeur met également en avant «les progrès réalisés dans l’organisation interne, précisant que jusqu’au mois de septembre 2026, 131 des 184 actions inscrites dans la feuille de route 2026-2029 avaient été réalisées». Malgré ces avancées, les besoins restent importants. Selon le bilan, seuls 23 mégawatts thermiques sont disponibles sur les 41,6 mégawatts installés. Le financement des révisions et le renouvellement des équipements constituent donc des priorités pour la direction, qui compte notamment sur la mobilisation des financements prévus et sur l’appui de l’État pour poursuivre la modernisation du réseau national. Pour 2027, la Sonelec vise au moins vingt-trois heures d’électricité par jour dans tout le pays et la suppression des délestages en soirée sur les trois îles. Pour Soilahouddine Moumini, «la concrétisation de ces objectifs dépendra de la disponibilité des équipements, de la mobilisation des financements et de la poursuite des travaux».




