S’il est une période où les Comoriens s’attendent à avoir de l’électricité, c’est bien durant le mois de ramadhwani. Le directeur général de la Sonelec, Moumini Soilahoudine, à la tête de l’entreprise publique depuis une trentaine de jours a tenu un point presse ce lundi 3 mars pour faire le point de la situation. «Nous ne sommes pas dans l’aptitude de couvrir tout le pays », a-t-il annoncé, sans langue de bois. Un planning de distribution devrait être connu d’ici quelques jours. Il a ainsi rappelé la récente réception de 10 générateurs qui étaient censés mettre fin à la crise énergétique qui frappe le pays depuis plusieurs semaines. «Les citoyens sont impatients de savoir ce qu’on en a fait », a-t-il dit. A l’évidence, les Comoriens devront patienter un peu.
Lors de son intervention, le jeune homme en boubou blanc et kofia, a tout d’abord évoqué la situation de la production de l’électricité. A l’en croire, sur les 10 groupes reçus, «un des groupes que nous avons installé à Vwadju présentait un défaut mécanique. Nous avons immédiatement contacté le fournisseur qui a pris en charge son remplacement. Le groupe de remplacement est arrivé le 28 février, les techniciens sont à pied d’œuvre pour finaliser son installation d’ici le 7 mars », a-t-il expliqué.
L’on apprend donc que les anciens générateurs, au moins 16, qui devaient être révisés n’ont pas pu l’être. Ils sont donc «en arrêt ou en sous production». Cela étant, la situation de la production électrique est très inégale, selon les îles.
Une production électrique inégale
Selon le conférencier, «le besoin total à Ngazidja est de 21 mégawatts, en journée nous sommes capables de fournir 15 mégas, en soirée ce chiffre tombe à 12 mégas parce que nous perdons en puissance pour l’électricité fournie par l’énergie solaire », a-t-il fait savoir. En ce qui concerne la répartition, le Grand Moroni a besoin d’une puissance de 12 mégas.
«Nous sommes en mesure de couvrir 80% du Grand Moroni avec la puissance disponible, le nord, les besoins se chiffrent à 5 mégas, nous pourrons assurer une alimentation de 70% sachant que puisqu’à Mitsamihuli, on disposait d’un groupe électrogène qui palliait la baisse de puissance du solaire en soirée, ce groupe est hors service. D’où le rétrécissement de la plage d’alimentation. Pour le sud, possibilité de couvrir 60% du territoire parce qu’un groupe a été perdu à Itsambuni », a-t-il indiqué.
Toutefois, à l’en croire, «d’ici le 13 mars, l’ensemble des actions d’amélioration seront finalisées. Ainsi, nous pourrons augmenter le taux de couverture de Ngazidja à hauteur de 95% pour le Grand Moroni, 90% pour le Nord, et 95% pour le sud ». La situation à Ndzuani est «critique», selon le patron de la société. «L’île a besoin d’une puissance de 6,1 mégawatts en journée et 4,7 mégas en soirée et on en produit que 2,2.
Le nord de l’île est couvert à 70%, par contre le sud n’est pas du tout alimenté. Les prochaines étapes, c’est la connexion du nouveau groupe et réviser un ancien. Si ces actions se déroulent comme prévu, on peut espérer qu’en début de semaine prochaine, l’on trouve une puissance suffisante pour alimenter 90% du territoire de tout Ndzuani».
L’île de Mwali parait plus chanceuse que ses autres sœurs. : «Le besoin à Mwali est de 1,4 méga. Et il est totalement couvert avec une puissance disponible qui dépasse le besoin. Les limitations d’alimentation qui ont été observées ces derniers jours sont dues à l’approvisionnement en carburant. La météo ne permettait pas d’approvisionner correctement le carburant, ce qui a expliqué qu’on a dû restreindre le fonctionnement pour pouvoir continuer à faire fonctionner les groupes. Des solutions d’approvisionnement sont trouvées. Mwali sera à 100% d’alimentation en quasi-continu ».
Une perte de 30% de l’électricité produite
Mais en plus de la production, la distribution pose problème avec un réseau qui perd jusqu’à 30% de l’électricité. «Une des problématiques à laquelle nous sommes confrontés, ce sont les interrupteurs aériens à commande manuelle. Ce sont des interrupteurs qui permettent de faire circuler le courant dans le réseau. S’il y a un défaut, une surtension ou une surconsommation, les centrales par sécurité vont se mettre à l’arrêt », a-t-il fait savoir. «Pour faire à nouveau circuler le courant, nos collaborateurs prennent une voiture, font le tour du pays et actionnent ces interrupteurs.
Ce qui explique que par moment, même si on a de la puissance disponible, on ne peut pas vous livrer le courant parce qu’il faut le temps de remettre le réseau en fonction. C’est un travail lourd et qui est fait manuellement». Une opération qui peut durer jusqu’à 4 heures de temps. La direction générale de la Sonelec prévoit de remplacer les interrupteurs manuels «par des interrupteurs automatiques qui sont commandés à distance». Quatre interrupteurs automatiques sont en cours de test actuellement.